Les Français à l’étranger

1 710 945, tel est le nombre de citoyens français vivant en 2015 à l’extérieur des frontières nationales. Du moins est ce le nombre de personnes inscrites au registre des Français à l’étranger tenu par le « Quai d’Orsay », le ministère des Affaires étrangères et du développement international. Les données fournies permettent de brosser un tableau général pour les années 2001 à 2015.

1. Les données.

Les données utilisées sont réparties entre deux fichiers :
Chiffres du registre des Français établis hors de France pour l’année 2015 ;
Français de l’étranger : inscriptions au registre des Français établis hors de France (2001-2013).

Elles concernent 162 États, dont une entité Jérusalem requalifiée pour le fichier de 2015 en Israël/Territoires palestiniens, c’est à dire, très certainement, les colonies israéliennes en Cisjordanie. Les données couvrent l’ensemble des années entre 2001et 2015 sauf pour certains États : Saint-Siège (2001–2010) ; Afghanistan (2005–2015), Tadjikistan (2009–2015) ; Soudan du Sud, Monténégro et Kosovo (2011–2015).

L’enregistrement étant une démarche volontaire auprès des ambassades et des consulats, ces données ne sont pas strictement parlant celles de l’ensemble des Français vivant à l’étranger.

2. Tableau général.

Comme il a été dit en introduction, 1 710 945 Français ont été enregistrés comme vivant à l’étranger en 2015 alors qu’ils n’étaient que 998 783 en 2001, soit une hausse de 71,3 %.

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Comme on peut le voir sur la carte, la diaspora française se concentre pour l’essentiel en Europe quoique de fortes communautés existent également en Amérique du Nord ou au Maghreb principalement. Mais qu’en est-il de la taille de ces communautés françaises ? En 2015, le nombre de personnes enregistrées varie selon les États de 54 à 175 700 contre 5 et 109 100 pour 2001. La moyenne est certes de 10627 personnes, mais la médiane n’est que de 1756 personnes : les États avec une communauté française égale ou supérieure à la moyenne rassemblent à eux seuls 82 % des Français du registre.

3. Les États à forte diaspora (> 9e décile).

Ainsi, les 17 États avec les plus fortes communautés — « Jérusalem », le Liban, les Pays-Bas, l’Australie, la Chine le Luxembourg, l’Algérie, l’Italie, Israël, le Maroc, l’Espagne, le Canada, l’Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni, les États-Unis d’Amérique et la Suisse — en rassemblent 70 % (1 200 103 personnes) pour une moyenne de 70 594 personnes sachant que depuis 2001, la hausse moyenne pour ces États est de 111 %. Dans ce groupe, les plus fortes hausses concernent l’Algérie (418,7 %), la Chine (284,7 %), « Jérusalem » (165,3 %), l’Australie (146,9 %).

Le cas suisse. 175 700 Français sont enregistrés en Suisse par le Quai d’Orsay, ce qui représente 24,7 % de la diaspora française. D’après les données fournies par l’Office fédéral de la statistique, au 31 décembre 2015, sur une population résidente permanente et non permanente de 8 423 612 personnes dont 6 278 459 Suisses, les Français étaient 127 609, soit 1,5 % de la population (1).

4. Les États frontaliers.

Les États frontaliers de la France métropolitaine — Suisse, Allemagne, Royaume-Uni, Luxembourg, Belgique, Espagne, Andorre, Monaco — rassemblent 41,6 % de la diaspora. Tous, à l’exception de Monaco et de l’Andorre, font partie des premiers États. À noter que Monaco est l’un des rares États à avoir vu sa communauté française diminuer.

État Groupe Français en 2015 Évolution
Andorre 7 3141 15,61
Monaco 8 7692 -17,49
Luxembourg 10 33362 109,3
Italie 10 44835 45,96
Espagne 10 86016 76,77
Allemagne 10 114020 30,05
Belgique 10 120020 73,87
Royaume-Uni 10 127837 61,99
Suisse 10 175700 61,04

Le cas monégasque. monaco

La communauté française enregistrée à Monaco a connu son maximum en 2003 avant une baisse importante les deux années suivantes. On constate ensuite une belle remontée, stoppée en 2008 et suivie d’une baisse jusqu’en 2011 puis d’une stabilisation. Pour expliquer la baisse des années 2004 et 2005, on peut avancer l’hypothèse qu’elle pourrait être liée à la signature d’une convention fiscale signée en mai 2003 et entrée en vigueur en 2005 (4).

5. Les États membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Parmi les 162 États avec une communauté française, 48 sont membres de plein droit (2) de l’organisation internationale de la Francophonie dont 29 ont la langue de Molière comme langue officielle (3). Ces États rassemblent 695 454 Français, soit 40 %, dont 598 138 étaient enregistrés dans des États dont le Français est la ou l’une des langues officielles. Là encore, quelques États concentrent la communauté française : les trois États frontaliers de la Suisse (175 700),  de la Belgique (120 724) et du Luxembourg (33362) ; le Canada (97 116) ; les États africains de Maroc (51 109) et du Sénégal (20252).

Notes.

(1) Données utilisées : « Population résidante permanente et non permanente selon les niveaux géographiques institutionnels, le lieu de naissance et la nationalité » (sic).

(2) Au terme de son XVIe sommet, les 84 États ou gouvernements membres de l’OIF sont répartis en trois catégories : membres « de plein droit » (54), membres associés (4) et membres observateurs (26). À noter que certains membres sont des régions, provinces, collectivités d’outre-mer fédérés à des États eux-mêmes représentés : Wallonie-Bruxelles, Québec, Nouveau-Brunswick, Ontario, Nouvelle-Calédonie.

(3)  Belgique, Bénin, Burkina-Faso, Burundi, Cameroun, Canada, République centrafricaine, Comores, Congo, République démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Guinée, Guinée-Équatoriale, Haïti, Luxembourg, Madagascar, Mali, Maroc, Monaco, Niger, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Suisse, Tchad, Togo, Vanuatu.

(4) Loi n° 2005-227 du 14 mars 2005 et décret n° 2005-1078 du 23 août 2005

Emplois et population active.

À partir des données détaillées localisées de l’Institut national des statistiques et études économiques sur l’emploi et la population active pour l’année 2013, on peut calculer un ratio, celui du nombre d’emplois, salariés et non salariés, par rapport à la population active des 15-64 ans.
En moyenne, le ratio d’emplois par actif est de 0,49 ; les premier et troisième quartiles étant respectivement de 0,23 et 0,58.

Ces chiffres sont assez faibles, ce que confirme le nombre de communes avec un ratio supérieur ou égal à 1, — c’est à dire un nombre d’emplois supérieur ou égal à celui de la population active de la population — : sur les 36686 communes que comportait alors la France, 3460, soit 9,9 %. Pour autant, seules 42 de ces 3460 communes (1,24 %) ont la totalité de leurs actifs qui travaillent. On tombe même à 424 communes avec un ratio égal ou supérieur de 2.

On trouve également quelques communes avec plus de 10 emplois par actifs, 6 exactement.

Communes avec au moins 10 fois plus d’emplois que d’actifs
Code INSEE Nom de commune Emplois Actifs Ratio Activité principale
95527 Roissy-en-France 77839 1836 43,52 Aéroport international
50353 Le-Mont-Saint-Michel 563 29 20,83 Tourisme (patrimoine mondial de l’UNESCO)
13099 Saint-Paul-lès-Durances 6456 478 13,99 Projet ITER (fusion nucléaire)
01390 Saint-Vulbas 5967 541 11,32 Centrale nucléaire du Bugey
76660 Sandouville 4235 399 10,84 Usine Renault
55087 Bure 285 30 10,03 Laboratoire de l’ANDRA (enfouissement des déchets nucléaires)

On constate que les activités liées au nucléaire sont liées à ces ratios exceptionnels dans trois cas.

En agrégeant les données au niveau des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) — ceux en vigueur en 2013 — et les zones d’emplois, on obtient les chiffres suivants :

Ratio emplois/actifs à des échelons supra-communaux
Zonage Minimum 1er quartile Médiane Moyenne 3ème quartile Maximum
EPCI 0,136 0,489 0,641 0,677 0,840 2,464
Zone d’emploi 0,197 0,509 0,570 0,565 0,634 0,878

Carte de situation sur le conflit au Mali.

La forte progression des forces armées des islamistes touaregs du MNLA et de quelques éléments d’AQMI — grâce à des équipements récupérés en Libye — vers les villes maliennes de Sévaré et Mopti a été stoppée par les forces spéciales françaises (4ème RHFS) au prix d’un hélicoptère et d’un tué (le lieutenant Damien Boiteux). Des avions de chasse en provenance de la capitale tchadienne N’Djamena ont également bombardé les colonnes rebelles. La ville de Kunna, capturée par les rebelles, a ainsi été reprise par les forces maliennes et française.
Des renforts provenant de France sont en cours de route tandis que certains États de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), soit le Niger, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, ont promis des renforts rapidement. 
Cette intervention se fait sous l’égide de l’ONU qui a mis en place la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) dirigée par les États de la CEDAO. Les Etats-Unis d’Amérique ont proposé leur soutien logistique aux forces française après concertation.
Sources :

L’Arctique et le changement climatique : les conséquences géopolitiques.

Le changement climatique que connaît la Terre a des conséquences plus ou moins importantes selon les régions. L’une des régions qui subit et subira des changements majeurs, tant du point de vue environnemental que de la géopolitique, est l’océan glacial Arctique. L’impact se fait d’ors et déjà sentir comme le montre l’accélération de la fonte des glaces : en juillet 2012, la calotte glaciaire recouvrant le centre du Groenland n’a pas fondu de façon aussi forte depuis 1889 d’après des chercheurs du Darmouth College tandis qu’en 2008, 280 gigatonnes de glace ont disparu dans la mer.

1. États riverains et organisations internationales.

 

L’océan glacial Arctique est encerclé par plusieurs des plus grandes puissances mondiales et d’États de moindres envergures : les États-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, la Norvège, le Danemark via sa province autonome du Groenland, l’Islande.
Il existe plusieurs organismes de coopérations inter-étatiques :

  1. le Conseil euro-arctique de Barents dont la principale mission concerne la gestion des déchets et sous-marins nucléaires de la péninsule de Kola ;
  2. l’Artic Military Environmental Cooperation qui regroupe les États-Unis d’Amérique, la Norvège, le Royaume-Uni et la Russie ayant une mission relativement identique au conseil précédent ;
  3. le Conseil arctique, principal organe de coopération dans la région qui regroupe le Canada, le Danemark, les États-Unis d’Amérique, la Finlande, l’Islande, la Norvège, la Russie, la Suède ainsi qu’une représentation de différents peuples autochtones (la Conférence internationale aléoutienne, le Conseil de l’Arctique athabaskan, le Conseil international gwich’in, la Conférence circumpolaire inuit, l’Association russe des peuples autochtones du Nord, le Conseil saami) avec pour buts, entre autres, la protection de l’environnement et le développement durable. Ce conseil accueille également 26 États et organisations observateurs comme l’ Allemagne, la France, l’Espagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Pologne, le Conseil nordique, le PNUE.
Philippe Rekacewicz, 2011.



2. Les enjeux.

 

Une hausse de l’exploitation des ressources naturelles, en particulier énergétiques et minérales. 

 

La disparition de la banquise devrait permettre à terme l’accès aux réserves pétrolières, gazières et minérales que recèle le sous-sol de l’Arctique. Ces réserves sont potentiellement très importantes suivant la matière :

  • 30 % des réserves de gaz conventionnel (7 260 milliards de m3),
  • 13 % de celles de pétrole (90 milliards de barils).

L’ancien gouvernement libéral de la province canadienne du Québec avait lancé en 2011 un « Plan Nord » dans le but de développer l’exploitation des mines de fer situées dans le nord sont l’exploitation était rendue difficile par un coût d’exploitation important induit par des conditions climatiques difficiles et un manque d’infrastructures, en particulier portuaires : la dislocation des glaces permettrait d’exporter facilement le minerai par un nouveau port en eau profonde que le groupe Oceanic Iron Ore Corp. souhaite construire dans la baie d’Ungawa. Mais l’échec d’autres projets similaires du fait de leurs coûts exorbitants pose la question de sa réalisation.
La libération des glaces pourrait également amener une modification du régime des pêches, menaçant ainsi le mode de vie des populations autochtones de la région ; mode de vie largement menacé comme le montre l’érosion de la pratique des langues locales. C’est pourquoi les membres du Standing Committee of Parliamentarians of the Arctic Region ont discuté d’une coopération multilatérale sur la gestion des ressources vivantes.

Vers de futures « autoroutes » maritimes ? 

 

Le réchauffement climatique, en accélérant la débâcle des glaces, va permettre l’ouverture de deux futures « autoroutes » de la mer : le célèbre passage de nord-ouest au large du Canada et de l’Alaska d’un côté et le Sevmorput russe de l’autre. Ces deux voies maritimes permettraient de raccourcir de manière considérable les distances parcourues par les navires de commerce : un trajet Amsterdam–Tokyo passerait de 21 000 kilomètres (via le canal de Suez) à 13 500 en passant par le Sevmorput.
L’État russe a bien compris l’importance future de cet axe largement délaissé depuis la chute de l’URSS en relançant en 2009 la construction de brise-glaces. De plus, l’ouverture de cette route lui permettrait d’exporter les ressources de ses provinces sibériennes et d’améliorer les liens entre ses différentes flottes.
Le passage du nord-ouest, franchi pour la première fois par Roald Amundsen en 1906, pose un problème assez épineux puisque le Canada considère qu’il se trouve sous son entière souveraineté tandis que les États-Unis d’Amérique et l’Union européenne le considèrent comme étant un détroit international régit par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer — dite de Montego Bay.
L’ouverture de ces deux nouvelles routes amène à la création ou au renforcement de certains besoins concernant la sécurité de la navigation : brise-glaces, moyens de surveillance (projet de système satellite russe Arktika et son équivalentcanadien), de recherche et de secours (des exercices ont lieu tous les deux ans dans le cadre du Conseil euro-arctique de Barents et un accord contraignant a été signé sur ce sujet par les membres du Conseil arctique en mai 2011).
Pourtant, une étude de Frédéric Lasserre montre que les « autoroutes » arctiques n’attirent pas les armateurs, en particulier pour le transit, du fait du coût des navires spéciaux, des primes d’assurances plus élevées, des dangers de la navigation dans le secteur, de la difficulté de prévoir plusieurs semaines/mois à l’avance les dates de transit alors que rien ne prouve que le passage sera libre.

L’épineuse question de la revendication des espaces maritimes. 

 

La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, rentrée en vigueur le 16 novembre 1994, permet aux États de déposer un dossier d’extension de la ZEE auprès de la Commission on the Limits of the Continental Shelf jusqu’aux limites du plateau continental. L’océan arctique est ainsi le théâtre de plusieurs revendications afin de permettre aux différentes puissances arctiques de contrôler les ressources et les routes maritimes. La Russie a montré sa volonté en août 2007 en plantant par 4000 mètres de fond un drapeau en titane sur les limites qu’elle revendique depuis 2001. Si la limite de la ZEE russe n’est pas encore mis en place, le litige frontalier russo-norvégien concernant 175 000 km2 de mer a été réglé par la signature d’un accord le 27 avril 2010.
Le Canada revendique également une extension de sa ZEE tout en incluant la souveraineté sur l’ensemble des détroits séparant les îles de l’archipel arctique. Il s’oppose également avec le Danemark sur la possession de l’îlot de Hans et avec les États-Unis d’Amérique sur leur frontière maritime en mer de Beaufort.
Les États-Unis d’Amérique pourraient également souhaiter une extension de leur ZEE mais n’ayant pas ratifié la Convention de Montego Bay, ils ne peuvent en faire la demande.
La Norvège depuis 2006, le Danemark et l’Islande depuis 2009, ont officiellement demandé une extension délimitée de leur ZEE auprès de la CLCS.

Une relative militarisation de l’Arctique. 

 

Les revendications territoriales, la volonté de contrôler les ressources de l’Arctique amènent une montée en puissance relative des forces militaires dans la région.
La Russie, après avoir due les abandonner pendant de nombreuses années, a relancé les patrouilles de ses bombardiers stratégiques et a lancé un ambitieux programme de construction navale ; mais la déshérence de ses chantiers navals laissent penser que la flotte russe ne pourra être véritablement présente dans la région que dans une quinzaine d’années au minimum.
Le Canada a lancé la construction d’un port en eau profonde à Nanisivik mais il semblerait que ce ne soit finalement qu’une escale de ravitaillement. Une base militaire est également en construction à Resolute Bay. La construction de navires adaptés à l’Arctique n’avance pas malgré les promesses du gouvernement fédéral conservateur.
La Norvège mène depuis plusieurs années une campagne de construction navale (patrouilleurs de classe Svalbard, frégate de classe Nansen) destinée à affirmer ses positions dans la région.
Le Danemark, présent via le Groenland, considère la menace dans la région comme faible mais a tout de même crée une Arctic Response Force au cas-où.
Les États-Unis ne mènent aucune politique militaire particulière dans la région, ses efforts se portant désormais dans le Pacifique. Ils ont fermé il y a quelques années leur base islandaise de Keflavik mais restent présent au Groenland (base de Thulé).

Le cas de la République populaire de Chine. 

 

Les ressources de la région et l’ouverture des routes maritimes — synonyme d’une économie de 6400 kilomètres et 180 000 dollars de fuel entre Shanghaï et Kirgenes — ont amené la République populaire de Chine à s’immiscer dans la région : elle a mené, depuis une vingtaine d’années, quatre expéditions scientifiques en s’appuyant sur son brise-glace Xuelong (Dragon des neiges), ouvert une station polaire sur le site de Ny-Alesund dans les Spitzberg (la France y dispose également d’une station de recherche dédiée à la télédétection). Sa politique dans l’Arctique tourne principalement autour de sa candidature à la position observateur permanent au sein du Conseil arctique.
Après un premier échec en 2009, la Chine tente d’obtenir le soutien de plusieurs États afin de pouvoir retenter sa chance en 2013 et le contexte peut paraître favorable malgré l’existence de résistances :

  • elle a ouvert une très grande ambassade de 300 personnes en Islande, signée avec son gouvernement un accord de coopération énergétique et investi plusieurs millions d’euros dans son industrie du silicium ;
  • avec le Groenland, elle a passé un accord de coopération universitaire et prévu d’investir dans des mines ;
  •  la Chine a investi 16 milliards dans le secteur énergétique canadien ;
  • les relations sino-norvégiennes mises à mal par le prix Nobel de la paix 2010 se sont largement réchauffées (C’est une commission composée de membres du Storling — le Parlement monocaméral de la Norvège — qui remet le prix.) ;
  • la France, via son ambassadeur pour les pôles, Michel Rocard, soutient la candidature chinoise.

2. Sources

2.1 Atlas.

– Monde diplomatique, L’Atlas du Monde diplomatique. Un monde à l’envers, Paris,
2009.
– Monde diplomatique, L’Atlas du Monde diplomatique. Monde émergents, Paris, 2012.
– Monde diplomatique, L’Atlas de l’environnement, Armand Colin, Paris, 2008.
– Virginie Raisson, 2033. Atlas des futurs du Monde, Robert Laffont, Paris, 2010.

2.2 Rapports.

– « Arctic Biodiversity Trends 2010 – Selected indicators of change »,CAFF International Secretariat, Akureyri (Islande), Mai 2010. http://www.grida.no
– Johnsen, Alfthan, Hislop & Skaalvik, « Protecting Arctic Biodiversity », Programme des Nations Unies pour l’environnement/GRID–Arendal, 2010, http://www.grida.no 

 2.3 Articles.

– John Patrick Crump, « The future of the Arctic Council », Blog, UNEP/Grid–Arendal,
28 mai 2012, http://www.grida.no
– Frédéric Lasserre & Jérome Le Roy (entretien), « Le Grand-Nord. État des forces
en présence », Diplomatie hors-série n° 13, Paris, août–septembre 2010.
– Frédéric Lasserre, « Des autoroutes maritimes polaires ? Analyse des stratégies des
transporteurs maritimes dans l’Arctique », Cybergeo : European journal of geography [En ligne], Espace, Société, Territoire, article 537, mis en ligne le 31 mai 2011, consulté le 15 octobre 2012. URL : http ://cybergeo.revues.org/23751.
– Franck Tétart, « Arctique : état des lieux », Carto n°6, Paris, juillet–août 2011, p. 34-35.
– Franck Tétart, « La biomasse, énergie privilégiée par les pays nordiques », Paris, Carto n° 11, Paris, mai–juin 2012, p. 40.
– Franck Tétart, « L’Islande n’est pas à vendre…aux Chinois », Carto n°9, Paris,
janvier–février 2012, p. 40.
– Franck Tétart, « Une nouvelle cartographie de la banquise », Carto n°12, Paris,
juillet–août 2012, p. 40.
– Franck Tétart, « Le réchauffement climatique : déjà perceptible en Arctique », Carto n°7, Paris, septembre–octobre 2011, p. 45.
Charles Haquet, « Arctique : Pékin ne perd pas le nord », L’Express [En ligne], mis en ligne le 28 août 2012, mis à jour le 30 août 2012, consulté le 15 octobre 2012, URL : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/pole/arctique-pekin-ne-perd-pas-le-nord_1153695.html

Contre l’étalement urbain : la réforme du nombre de communes.

L’étalement urbain est un phénomène important en France. Il se traduit par la disparition de terres agricoles et « naturelles » ; essentiellement au profit du logement individuel, des infrastructures routières et de loisir1. Ce phénomène est provoqué par la forte volonté des ménages français à devenir propriétaires dans un environnement « sain » et la facilité d’accès à la périphérie des villes grâce à la voiture. Mais ce mouvement est extrêmement gourmand en énergie et en terres, inégalitaire également. 
 
Un des facteurs favorisant l’étalement urbain est la détention par les communes de la compétence urbanisme. En fait, ce n’est pas tant la détention de la compétence que la multiplicité des communes qui pose problème en multipliant de manière incohérente les plans locaux d’urbanismes – les SCOT ne suivant qu’après la plupart du temps – et donc en favorisant l’étalement. En effet, certaines communes périurbaines accueillent des populations nouvelles jusqu’à ce qu’elles atteignent les seuils les obligeant à construire un certain nombre d’infrastructures collectives. Le manque de moyens et de volonté politique, la hausse des prix de l’immobilier amènent le refus de nouveaux habitants obligés de s’installer encore plus loin. 
 
Mais en quoi les communes françaises sont-elles trop nombreuses ? Il faut savoir que la France concentre à elle-seule 40 % des 90 000 communes de l’Union européenne – soit 36 000 environ – quand la Pologne en a 2479, l’Allemagne 11 442, l’Espagne 8113 et le Danemark 98 ! Comme on peut le voir sur le tableau suivant, les populations des communes françaises sont bien faibles.
 
 
France (2009)
Espagne (01/01/2010)
Danemark (01/01/2012)
Pologne (31/12/2010)
Allemagne (31/12/2010)
Population totale (hab)
64 304 500
47 021 031
5 580 413
38 200 037
81 843 809
 
Nombre de communes
36 679
8113
98
2479
11 442
Population moyenne (hab)
1753
5795
56 367
15 409
7152
Médiane (hab)
425
582
42 785
1er quartile (hab)
193
178
29 361
3ème quartile (hab)
1049
2483
59 075
 
La moyenne française est bien plus faible que celle des autres pays ; elle est même supérieure au 3èmequartile des populations communales ce qui implique que quelques très grandes villes (Paris par exemple) augmentent la moyenne très faible des communes. Le constat est le même pour l’Espagne.
 
Pour une meilleure efficacité de l’aménagement du territoire, il paraît donc nécessaire de réduire le nombre de communes de manière à ce qu’elles regroupent de 10 à 20 000 habitants au minimum. On se retrouverait alors avec des communes au nombre de 939 ou 436 qui recouvriraient des territoires bien plus vaste ; permettant ainsi de développer des plans d’aménagements plus cohérents favorisant l’expansion des pôles urbains au détriment des petits hameaux. Cela devrait faciliter à terme la densification de l’habitat et donc une diminution des coûts énergétiques liés au transports individuels.
 
Si ces fusions de communes devaient avoir lieues, il faudrait que leurs nouvelles limites se rapprochent de celles des bassins d’emplois pour constituer des territoires les plus cohérents possibles.
 
Sources :
  • Réseau action climat (RAC), Étalement urbain et changements climatiques. État des lieux & propositions, 2011.
  • Institut national des statistiques et des études économiques, www.insee.fr
  • Instituto Nacional de Estadística, www.ine.es
  • Central Statistical Office of Poland, www.stat.gov.pl
  • Danmarks Statistik, www.dst.dk
  • Statistisches Bundesamt (Destatis), www.destatis.de
1L’ensemble représente 632 000 hectares entre 1992 et 2004 quand la production industrielle, l’artisanat et les services n’ont consommés « que » 55 000 hectares dans le même laps de temps.

Les ports de commerce en France et ses exportations de céréales.

Le commerce maritime représente 90 % du transport de marchandises dans le monde. Les ports sont donc cruciaux et représentent des entités économiques majeures. Réalisée à partir des informations fournies par le ministère du développement durable et de l’Énergie, la carte suivante représente le classement des ports suivant les trafics annuels des ports et leurs évolutions depuis l’an 2000. 
 


Bien que les ports de commerce se répartissent sur l’ensemble des côtes, les principaux ports sont situés sur la Manche (Le Havre, Calais, Dunkerque, Rouen ; soit 50 % du trafic 2011), véritable « autoroute » commerciale. On peut également observer une augmentation du trafic assez importante pour l’ensemble des ports depuis 2000, à l’exception des ports de Boulogne (-95%), Cherbourg (-51%), Saint-Malo (-22,6). L’importance de ces ports s’explique par la proximité de le région parisienne et de l’axe industriel européen courant des Pays-Bas à l’Italie.

Sur la côte atlantique, Nantes est le principal port (8 à 9 % du trafic annuel) tandis que La Rochelle et Bordeaux suivent. Les ports bretons de Brest et Lorient ont un trafic extrêmement faible, le port de Bayonne s’en sortant un peu mieux. Malgré tout, l’ensemble des ports de l’Atlantique connaissent une baisse de leur activité, à l’exception de celui de La Rochelle.

Les ports de la côte méditerranéenne représentent un peu moins du tiers du trafic national mais c’est le grand port maritime (anciennement port autonome) de Marseille – premier port français en terme de tonnage avec 88 517 849 tonnes en 2011 – qui en représente la quasi-totalité grâce aux produits pétroliers qui représentaient en moyenne 65 % de son activité sur la période 2000-2011. Mais depuis l’an 2000, son activité, tout comme celles de Sète et Port-la-Nouvelle, a diminué. 
 





Étude de cas : l’exportation des céréales.




Grande puissance agricole et donc céréalière, la France exporte une partie importante de sa production, un peu moins de 52 % en moyenne. Au cours de la campagne 2010-2011, les exportations céréalières ont été envoyé pour moitié vers l’Union européenne et pour moitié vers d’autres États ; 61 % de l’ensemble étant passé par les ports.

Le premier port céréalier est celui de Rouen avec 25 % des exportations françaises. L’exportation de céréales représente 50 % des sorties et près du tiers de l’activité totale. Le second port, avec 10,75 % des exportations céréalières, est La Rochelle ; et ce avec la quasi-totalité de ses exportations (96%) et 40 % de son activité totale. Suivent ensuite, avec un peu moins de 17 % du total, Dunkerque, Nantes-Saint-Nazaire, Bordeaux tandis que Marseille exporte moins de 3 % du total. Cette configuration s’explique par la faiblesse de la production céréalière dans les régions du sud-est.
 

La production et l’export de céréales (hors riz) en France.
Campagne 1997-1998 1998-1999 1999-2000 2000-2001 2001-2002 2002-2003 2003-2004
Collecte (1000 t) 53478,0 58493,0 54703,0 55742,0 50233,0 58246,0 47072,0
Export (1000 t) 24766,1 31712,3 32279,7 30425,0 24474,8 29729,7 24776,3
Part des exportations. 46,31% 54,22% 59,01% 54,58% 48,72% 51,04% 52,63%
Campagne 2004-2005 2005-2006 2006-2007 2007-2008 2008-2009 2009-2010 2010-2011
Collecte (1000 t) 59437,0 54134,3 52322,0 48719,0 58707,2 61019,0 57514,9
Export (1000 t) 30578,2 28522,1 26260,9 23321,0 29604,4 31570,8 32950,3
Part des exportations. 51,45% 52,69% 50,19% 47,87% 50,43% 51,74% 57,29%
Source : Agreste, 2012. Moyenne 52,36%

Bibliographie et sources :