Critique de "Manger peut-il nuire à la santé ? " (édité).

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Diffusé en deuxième partie de soirée sur France 3 le mercredi 16 février, ce documentaire sonne l’alarme sur les dangers de l’alimentation actuelle du fait, entre autres, des nombreux produits chimiques ingérés. Si je ne remettrai pas en cause les conclusions du reportage, je critiquerai plutôt les manquements méthodologiques et les inexactitudes. Je me concentrerai principalement sur la première partie consacrée aux pommes.
On commence tout d’abord par la localisation géographique du Tastet, l’exploitation agricole cultivant ces pommes : il se trouve non pas à Angoulême mais à Reignac, 30 kilomètres au sud, juste en dessous de Barbezieux.
Ensuite, le narrateur dit que la France serait le plus gros consommateur européen de pesticide avec « 76 000 tonnes de pesticides répandues chaque année faisant de la France le plus gros consommateur de pesticide » (6min50 environ). Cette information est totalement erronée comme le montre le graphique et le tableau ci-dessous/contre. Outre que l’Italie est devant la France depuis 2002 (il est certes possible que la France soit repassée devant entre 2008 et 2010, mais je n’ai pas cette information actuel-lement), la consommation de produits phytosanitaire a fortement baissé depuis 1997 bien qu’elle se soit stabilisée autour des 75 000 tonnes environ. Ensuite, la France étant le plus grand pays agricole de l’Union Européenne, il est logique que la consommation de produits phytosanitaires soit plus importante. Aussi, le chiffre brut du reportage n’est en aucun cas pertinent (c’est pour ainsi dire la même chose pour le PIB).

Pour cela, il vaut mieux rapporter cette consommation à la surface agricole utilisée, ce que j’ai fait. On constate que la France est à la 7ème position, loin derrière la Belgique ou l’Italie.
Enfin, la journaliste a acheté un certain nombre de pommes et le laboratoire a retrouvé la trace de Carbendazime, un produit certes interdit mais dont l‘utilisation était tolérée jusqu’au 31 décembre 2009. Le reportage ayant été réalisé durant l’année 2010, il est logique de retrouver des traces de cette substance surtout que rien ne prouve que les pommes achetées soient du « millésime » 2010, les pommes étant stockées durant l’hiver.

Edit : Voir la réaction de Daniel Sauvaitre sur son bloc-note à propos du reportage.




Sources :
Données Eurostats sur les pesticides.
Emission disponible 7 jours sur Pluzz.




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