Carte de situation sur le conflit au Mali.

La forte progression des forces armées des islamistes touaregs du MNLA et de quelques éléments d’AQMI — grâce à des équipements récupérés en Libye — vers les villes maliennes de Sévaré et Mopti a été stoppée par les forces spéciales françaises (4ème RHFS) au prix d’un hélicoptère et d’un tué (le lieutenant Damien Boiteux). Des avions de chasse en provenance de la capitale tchadienne N’Djamena ont également bombardé les colonnes rebelles. La ville de Kunna, capturée par les rebelles, a ainsi été reprise par les forces maliennes et française.
Des renforts provenant de France sont en cours de route tandis que certains États de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), soit le Niger, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, ont promis des renforts rapidement. 
Cette intervention se fait sous l’égide de l’ONU qui a mis en place la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) dirigée par les États de la CEDAO. Les Etats-Unis d’Amérique ont proposé leur soutien logistique aux forces française après concertation.
Sources :

Éva Joly et le défilé (militaire) du 14 juillet.

À l’occasion du dernier défilé du 14 juillet, la candidate franco-norvégienne et écologiste Éva Joly a proposé de remplacer un défilé « militaire » qui « correspond à une autre période », l’armée ne correspondant pas à certaines valeurs qu’un défilé « citoyen » représenterait.
Si je ne m’abaisserais pas à attaquer Mme Joly sur sa double nationalité ,– qui peut expliquer un attachement moindre au défilé mais ne remet pas en cause ses compétences et son attachement à la France et à ses valeurs –, je ne peux que m’opposer à cette idée. En effet, si le défilé dans sa forme actuelle est coûteux (4 millions d’euros ?) et polluant, sa suppression complète ne me paraît pas une bonne idée pour les raisons suivantes :
  • C’est l’un des rares moyens de conserver un lien armée-nation ténu1 : la disparition d’un tel défilé serait catastrophique et éloignerait encore plus l’armée du reste de la nation, éloignement causé par une restriction des droits2 et le manque d’éducation à la défense de la population.
  • Les défilés militaires ne sont pas anti-républicains puisque courants sous la République romaine, française depuis 1880 et dans plusieurs démocraties (Espagne).
  • Le défilé est bien plus sobre que ceux des dictatures et certains scandales sur la venue de certains chefs d’État n’est qu’un choix du gouvernement, non de l’armée qui lui est subordonnée.
  • Le défilé actuel n’est pas militaire mais « régalien » puisqu’il rassemble des militaires et des civils (sapeurs-pompiers, polytechniciens et policiers).
Par contre, étant régalien, le défilé actuel peut effectivement être critiqué pour son manque de représentants de la société civile mais les rassemblements autours des bals et des feux d’artifices y suppléé tout à fait à mon sens. Si un défilé citoyen devait être mis en place, les membres du défilé régalien devraient y être présent, même moins nombreux. 
Sources.
Le Monde.

Notes. 
1 Voir à ce sujet le bloc-note du Monde diplo, Défense en ligne.
2 Droit de se syndiquer, devoir de réserve.

Quel rôle pour l’opération Licorne ?

La situation en Côte-d’Ivoire étant toujours bloquée, la solution d’une intervention militaire se profile de plus en plus, les forces armées des États africains étant prêtes à passer à l’action. Une telle intervention ne pouvant se faire à priori sans l’autorisation de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et donc sans le soutien de l’ONUCI, on peut se poser la question du rôle que pourraient jouer les soldats français ?

La France ayant été fortement critiquée pour son « néocolonialisme », la France a tout intérêt à ne rien faire, se contentant de fortifier ses positions et à préparer une intervention pour récupérer les ressortissants étrangers présents sur place (comme en 2004). La récupération des ressortissants sera certainement nécéssaire, des élements (in)contrôlés du camps de Laurent Gbagbo pouvant s’en prendre aux représentants du « colonisateur ». 

Mais la force Licorne a pour mandat d’appuyer l’ONUCI (plusieurs officiers français y sont incorporés) et donc de facto d’affronter les forces « gbagboniennes » en cas d’engagement de l’ONUCI. Or, la France ne devant pas intervenir pour améliorer son image diplomatique auprès des Ivoiriens et des Africains « noirs » plus généralement, on peut se demander quels seront les ordres que l’Elysée donnera et si l’ONU déchargera la force Licorne de son mandat.