Critique de lecture : 2033. Atlas des Futurs du Monde.

« L’avenir n’est jamais que du présent à mettre en ordre. Tu n’as pas à le prévoir mais à le permettre. »

Cette citation d’Antoine de Saint-Exupéry ouvre en tant qu’épigraphe l’admirable ouvrage de Virginie RAISSON (membre du Lépac, coauteure de l’atlas de l’excellente émission Le dessous des cartes, diffusée tous les samedi à 17h50 sur Arte) et résume assez bien l’objectif de cette dernière. En effet, à partir des données disponibles actuellement, l’auteure trace les grandes tendances que connait/va connaitre notre monde pour nous donner un portrait médian de celui-ci en 2033.

Ne l’ayant pas encore lu entièrement, ma critique ne sera qu’incomplète, aussi, je vous invite à lire celle qu’en a fait Olivier Kempf sur son bloc-note. Je ne peux que conseiller cet ouvrage qui est très bien écrit, richement illustré (ce qui est un peu normal pour un atlas). Il s’organise autour de la « Sainte Trinité », trois parties divisées en trois sous-parties intitulées :

  • Des vides et des pleins, consacrée à la démographie, les migrations, l’urbanisation ;  
  • Une planète trop peuplée ?, consacrée à l’agricuture, l’eau et la surpopulation ;  
  • En voie de dépassement, consacrée aux énergie, aux signes d’épuisement et au climat.

Chaque double-page est consacrée à un thème particulier avec un texte, les sources et une carte et/ou un ou plusieurs graphiques. L’auteure remet en cause certaines idées, nous donne des chiffres parfois étonnants (dans le sens où l’on ne se pose que rarement la question qui va avec) mais toujours instructifs.


Je ne reprocherai actuellement que 2 choses :

  • L’utilisation, le plus souvent, du Produit intérieur brut en parité de pouvoir d’achat (PIB, PPA) en lieu et place du Produit intérieur brut en parité de pouvoir d’achat par habitant (PIB/hab, PPA) qui me parait plus indiqué, plus pertinent (voir page 50 par exemple) ;
  • Pour la cartographie et les diagrammes, on peut regretter quelques incohérences entre le texte -légende- et l’image comme à la page 98 sur l’empreinte aquatique de l’oeuf ou aux pages 58-59 où le texte descriptif et les diagrammes sont inversés. On aura parfois du mal à voir le contraste entre les couleurs de certaines cartes, mais c’est un problème inhérent à la cartographie.



 Je terminerai en vous citant certaines informations de l’Atlas, en espérant que cela vous incite à le consulter :

  • L’année 2017 est estimée comme celle qui verra l’épuisement d’un certain minerai, le diamant auquel on peut ajouter l’or en 2030, l’argent en 2028 ou encore le cuivre en 2044 (page 153) ;
  • Diverses empreintes aquatiques : pour 1 kilogramme de boeuf, il faut 15 500 litres d’eau contre 3 920 pour la même quantité de poulet. En dédicace à mes camarades estudiantins : 280 litres d’eau pour 250 mL de café contre 30 L pour la même quantité de thé (page 98-99).
  •  Enfin, page 59, à propos de l’immigration et accessoirement sur le libéralisme économique :

« En Europe, […]  on juge l’immigration plus facilement intrusive sur le plan culturel que bénéfique sur [les plans sociaux, démographiques ou de la consommation et de l’emploi]. Or, selon les calculs de la banque mondiale, l’augmentation de 3% de la main-d’oeuvre des pays industrialisés par l’immigration en 2006 y a dégagé un revenu supplémentaire de 160 milliards de dollars, soit davantage que les gains tirés de la libéralisation du commerce des marchandises. […] En Italie, où le solde migratoire a été multiplié par 7,5 entre 2000 et 2007, on a constaté que le taux de chômage était passé de 10,1% à 6% sur la même période. »



Références : Virginie RAISSON, 2033. Atlas des Futurs du Monde, Paris, Editions Robert Laffont, 2010. 30€.