L’évolution des dépenses militaires durant la décennie 2000-2010.

A partir des données fournies par le SIPRI, j’ai réalisé la carte suivante qui représente l’évolution sur 11 ans (sauf indication contraire) des dépenses militaires dans le monde. Les données sont en dollars constants (valeur 2009).

On constate donc une baisse ou une stagnation des dépenses militaires en Europe de l’ouest tandis que celles du Canada et des États-Unis d’Amérique augmentent. On constate donc que le fossé au sein de l’OTAN s’est creusé : quelle sera la réaction des États membres de l’UE ? L’avenir semble difficile avec une baisse continue des budgets avec la crise qui amène une perte de capacités importantes sans coordination, un véritable « suicide collectif » (voir Bruxelle2 et Défense en ligne).
Les pays émergents augmentent de façon importante leurs dépenses que ce soit en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud. Les BRICA jouent un rôle central, en particulier la Chine qui augmente son budget de 11,7 % cette année, la Russie qui annonce un vaste plan d’investissements.
On remarquera une hausse dans la zone Pacifique sauf pour le Japon tandis que la Corée du Sud investie et pourrait devenir à terme une puissance militaire des plus importantes. De même pour l’Australie qui veut faire face à la montée en puissance de la Chine bien que le budget et les matériels (sous-marin par exemple) ne suivent pas ses ambitions.
Pour ce qui est de l’Iran, on peut observer que ses dépenses militaires sont en baisse sur la période, de même pour le Vénézuela.

Données chiffrées utilisées pour la carte.

Vers une Europe fédérale : quelle langue de travail ?


Cet article a été publié originellement publié sur le site de Sauvons l’Europe.

La crise économique et budgétaire qui touche les États membres de l’Union européenne, et plus particulièrement la Grèce, a amené la création d’instruments de solidarité budgétaire (Fonds européen de stabilité financière/FESF). Mais comme le demande certaines personnalités (Virgilio Dastoli, Jean-Michel Baylet, Alain Juppé), associations (Sauvons l’Europe) ou partis politiques (PRG par exemple), la constitution d’un véritable État fédéral, des États-Unis d’Europe (EUE) semble nécessaire, inévitable à plus ou moins long terme.

Mais même si une Europe fédérale était constituée avec des institutions démocratiques élus par l’ensemble des citoyens européens, ces derniers conserveraient une autre nationalité, celle d’un des États fédérés dont ils sont membres. Ces États resteraient des États-nations car il ne serait pas possible de faire disparaître ce qui fait leur force : une histoire longue, parfois millénaire ; des habitudes culturelles, sociales mais surtout une (ou plusieurs) langue(s).

Or, une Europe fédérale implique des institutions communes (qui existent déjà en partie) et donc de communiquer. Aujourd’hui, le multilinguisme est largement utilisé, puisque obligatoire, il concerne essentiellement les documents finaux et les principales réunions et assemblées1. Pour les autres documents et réunions de moindres importances, le multilinguisme se limite au mieux à trois langues (allemand, anglais, français) mais plus souvent à une seule, l’anglais.

Or, l’établissement d’un véritable État fédéral doit amener un respect total entre les différentes langues nationales, une véritable égalité. Or, il n’y a que deux solutions : 
  • le multilinguisme intégral ; 
  • l’espéranto.

Le multilinguisme intégral a l’avantage de respecter l’ensemble des langues mais est coûteuse et difficile à mettre en œuvre à cause du besoin de très nombreux traducteurs et des relations plus difficiles entre députés, fonctionnaires… du fait de l’absence de vecteur de communication commun neutre.

Or, ce dernier existe d’ores et déjà bien que peu utilisé : la langue dite de Zamenhof, l’espéranto. Sa simplicité et son faible coût d’apprentissage2, sa neutralité, son efficacité dans la traduction et la communication – soulignée par feu l’espérantiste Claude Piron dans Confession d’un fou – lui donne une légitimité certaine pour devenir la lingua franca des futurs États-Unis d’Europe. L’espéranto permettrai de faciliter la communication, les échanges au Parlement européen, dans les différentes agences et administrations européennes pour ce qui est des institutions européennes mais également dans d’autres domaines : 

  • le monde universitaire qui historiquement à toujours eu une langue véhiculaire pour permettre à l’ensemble de ses membres de communiquer par l’écrit (livres, articles…) ou la parole (colloques…) ;  
  • la défense européenne puisque les différentes armées existantes n’ont plus (ou presque plus) les moyens de fonctionner seules en cas de projection sur des théâtres d’opérations extérieurs. L’espéranto serait en plus un symbole de la construction de la défense européenne que l’OTAN, dominée par les États-Unis d’Amérique et donc de langue anglaise, gène.


Pour conclure, je rappellerai que l’absence de langue de travail commune empêchera la formation d’une véritable fédération des États-nations européens respectant toutes leurs différences culturelles, la langue anglaise ne pouvant alors jouer ce rôle. Enfin, l’espéranto n’a aucunement pour but de remplacer les langues nationales, sa valeur propédeutique devant même faciliter l’apprentissage d’autres langues.

 

Notes.
 
1« En ce qui concerne la pratique de l’interprétation, le Parlement européen se distingue des autres organes de l’UE en ceci que le principe du multilinguisme global contrôlé y est respecté dans le travail quotidien. Ceci signifie qu’un service d’interprétation est assuré à partir de toutes les langues officielles de l’Union européenne et vers ces langues. À l’exception de réunions plus restreintes, les séances plénières et les réunions des instances, commissions et groupes parlementaires bénéficient d’une interprétation selon le même principe, dans la mesure où la capacité du service d’interprétation le permet. Pour les langues moins répandues, on vérifie, avant les réunions de plus petites instances, si des députés ayant pour la langue maternelle l’un des ces idiomes rares doivent y participer. Le droit de chaque parlementaire à bénéficier d’une interprétation des débats et de ses propres interventions dans sa langue maternelle est ancré dans le règlement du Parlement. Le Parlement européen incarne ainsi, dans son effort pour garantir l’utilisation de toutes les langues officielles dans la pratique parlementaire, la diversité linguistique de l’UE. » Source : Site de l’Europarlement.
2Soulignés par le rapport de François GRIN, L’enseignement des langues étrangères comme politique publique.

Quel avenir pour l’industrie de défense française et plus largement européenne ?

La réduction drastique des budgets des différents Etats de l’Union européenne pose bien entendu la viabilité de l’outil industriel de défense européen bien que celui-ci soit capable de créer des outils excellents dans de nombreux domaines (aviation, optronique, armement…).
Malheureusement, ces industries souffrent d’un coût élevé des matériels, de la concurrence nord-américaine ou de transferts de technologie massifs qui menacent à plus ou moins long terme la survie de nos industrie face à l’émergence de nouveaux concurrents moins chers. Surtout, la baisse des investissements internes en équipement ne permettra de compenser des pertes à l’exportation. Il est donc logique de penser que l’industrie de défense va subir de sérieux coups, du moins en terme d’emplois sur le sol européen. Ce qui consisterait une catastrophe puisque cela représente 165 000 emplois directs rien qu’en France (lettre 3P n°5).
Malgré tout, on peut espérer sauver cet outil en jouant sur les leviers suivants : 
  • préférence européenne pour l’achat de matériel, surtout quand on voit qu’il est meilleur (Rafale/Eurofighter typhoon/Gripen vs F-35 par exemple) ;
  • la mise en place d’une solide filière de traitement et de recyclage des armements (voir l’exemple ukrainien dans la lettre 3P n° 5 de l’IRIS) ;
  • le renforcement du rôle de l’Agence européenne de défense pour en faire un véritable coordinateur des industries de défense dans le but de défendre au maximum les emplois en spécialisant certains Etats dans leurs domaines de prédilection.

Lectures sur le sujet :

L’Europe de la défense : complément d’analyse et cartographie.

SOBOCINSKI Antoine. Reproduction avec mention de l’auteur autorisée.
Cette carte,  qui reprend en partie les résultats du billet précédent, nous permet d’affiner notre petite analyse. On peut constater plusieurs tendances :
  1. Un pôle majeur à l’ouest avec plusieurs des plus anciens membres de l’Union européenne dont la France qui joue le rôle de pivot. Ce pôle, participant de manière soutenue aux GT 1500, est structuré par plusieurs organes concrets : la force maritime européenne (Euromarfor) avec la France, l’Espagne, le Portugal et l’Italie ; le corps européen (Eurocorps) avec la Belgique, le Luxembourg, l’Espagne et le duo France-Allemagne avec la brigade franco-allemande, entité organique. On a également le commandement européen de transport aérien (EATC) qui regroupe la France, l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas (membre du Benelux participant le moins à l’Europe de la défense). Le Luxembourg et l’Espagne pourraient rejoindre à plus ou moins long terme ce commandement.
  2. L’Autriche et la Grèce, bien notés pour la participation aux GT 1500, sont membres associés à l’Eurocorps ce qui montre leur implication. La Turquie montre sa (son ex ?) volonté d’intégrer l’UE en participant également à l’Eurocorps. 
  3. La Pologne, bien que participant peu aux GT 1500, devrait bientôt devenir une nation-cadre, complétant ainsi le triangle de Weimar. On peut peut-être le rapprocher d’un certain éloignement avec l’OTAN.
  4. Une relative absence  des pays nordiques qui ne participent pas tant que ça au GT 1500 (la Suède aurait la même note que la Finlande si elle n’avait pas exercé le commandement) et sont absents des différents corps européens. Mais la Suède tend à vouloir développer la coopération militaire européenne et la Finlande (enfin, le Parlement) veut que les GT 1500 soient utilisés. La Norvège, non-membre de l’UE, participe un peu au GT 1500 et collabore à plusieurs programmes de l’Agence européenne de défense (AED). 
  5. Les pays d’Europe de l’est sont peu engagés dans les Gt 1500 et du fait de la « menace » russe, dans la défense européenne. En effet, ils préfèrent mettrent leur défense dans le cadre de l’OTAN. Les pays baltes souffrent aussi d’un manque plus ou moins important de moyens. La Roumanie, et la Bulgarie dans une moindre mesure, est une exception en participant de manière soutenue aux GT 1500 et en devenant prochainement un membre associé de l’Eurocorps.
  6. Enfin, on peut trouver deux « boulets » avec le Royaume-Uni et le Danemark. Si le premier participe aux GT 1500, appartient à l’AED et utilise l’Eurofighter typhoon, c’est en vérité un boulet pour l’Europe de la défense (voire l’Union européenne tout court). En effet, ses moyens militaires conséquents (qui vont fondre avec la dernière Strategic defense review) pourraient justifier une plus grande implication dans les GT 1500 tandis que pour ce qui est de l’AED, le RU bloque le budget et empèche ainsi son développement. Enfin, le Royaume-Uni n’est membre d’aucun corps européen. Le Danemark, quant à lui, ne participe à rien, même à  l’AED.
 PS : Veuillez m’excuser pour la mauvaise qualité de la carte.
Sources :  

L’engagement des États membres de l’Union européenne au sein de la PESD.

Je vais tenter de noter la participation des États membres (et non-membres) à la politique européenne de sécurité et de défense (PESD). J’ai pris, pour ce premier papier, la participation aux GT 1500.


Pour ce graphique, j’ai donné un point par participation avec un bonus de 0,5 point pour chaque participation en tant que nation-cadre. 
On constate la présence en tête de la France qui cumule participation en tant que nation-cadre et participation « standart ». Suivent derrière les membres de l’Eurocorps avec l’Espagne, l’Italie, le Benelux et l’Allemagne. La Suède tient également une belle place, tout comme la Roumanie.
Le Royaume-Uni confirme sa place de « boulet » de l’Union européenne vu l’importance de ses moyens comparativement à d’autres.
Source : Bruxelles 2.

Projet (utopique) d’aéronavale européenne.

p.sdfootnote { margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-size: 10pt; }p { margin-bottom: 0.21cm; }a.sdfootnoteanc { font-size: 57%; }

La Strategic Defense Review (SDR) britannique publiée le mardi 19 octobre amène une véritable perte de puissance pour le Royaume-Uni, et plus particulièrement les mythiques Royal Navy et Royal Air Force. La première va perdre dès maintenant sa capacité aéronavale avec le retrait et le démantèlement du HMS Ark Royal en attendant la fin de la construction vers 2020 d’un premier porte-avion (soit le HMS Queen Elizabeth soit le HMS Prince of Wales). Le second de ces navires devant être vendu à une nation étrangère, soit la France, soit le Brésil à priori.
Mais pourquoi ne pas imaginer la vente de ce navire à l’Union Européenne ? Cela permettrait d’obtenir l’un des noyaux d’une escadre aéronavale. L’équipage du navire serait composé de plusieurs nationalités, l’espéranto1 utilisé comme langue d’usage et l’aviation embarquée composée de Rafales, étant le seul appareil de combat européen disponible pour cet usage.
Compléments sur la SDR :
1La France, 1ère puissance militaire européenne acceptant que le Français ne soit pas utilisé comme langue d’isage dans un souci de diffusion d’un « esprit européen ».