Emplois et population active.

À partir des données détaillées localisées de l’Institut national des statistiques et études économiques sur l’emploi et la population active pour l’année 2013, on peut calculer un ratio, celui du nombre d’emplois, salariés et non salariés, par rapport à la population active des 15-64 ans.
En moyenne, le ratio d’emplois par actif est de 0,49 ; les premier et troisième quartiles étant respectivement de 0,23 et 0,58.

Ces chiffres sont assez faibles, ce que confirme le nombre de communes avec un ratio supérieur ou égal à 1, — c’est à dire un nombre d’emplois supérieur ou égal à celui de la population active de la population — : sur les 36686 communes que comportait alors la France, 3460, soit 9,9 %. Pour autant, seules 42 de ces 3460 communes (1,24 %) ont la totalité de leurs actifs qui travaillent. On tombe même à 424 communes avec un ratio égal ou supérieur de 2.

On trouve également quelques communes avec plus de 10 emplois par actifs, 6 exactement.

Communes avec au moins 10 fois plus d’emplois que d’actifs
Code INSEE Nom de commune Emplois Actifs Ratio Activité principale
95527 Roissy-en-France 77839 1836 43,52 Aéroport international
50353 Le-Mont-Saint-Michel 563 29 20,83 Tourisme (patrimoine mondial de l’UNESCO)
13099 Saint-Paul-lès-Durances 6456 478 13,99 Projet ITER (fusion nucléaire)
01390 Saint-Vulbas 5967 541 11,32 Centrale nucléaire du Bugey
76660 Sandouville 4235 399 10,84 Usine Renault
55087 Bure 285 30 10,03 Laboratoire de l’ANDRA (enfouissement des déchets nucléaires)

On constate que les activités liées au nucléaire sont liées à ces ratios exceptionnels dans trois cas.

En agrégeant les données au niveau des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) — ceux en vigueur en 2013 — et les zones d’emplois, on obtient les chiffres suivants :

Ratio emplois/actifs à des échelons supra-communaux
Zonage Minimum 1er quartile Médiane Moyenne 3ème quartile Maximum
EPCI 0,136 0,489 0,641 0,677 0,840 2,464
Zone d’emploi 0,197 0,509 0,570 0,565 0,634 0,878
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A propos de la vente du Rafale en Inde.

Après de multiples échecs (Maroc, Émirats Arabes Unis…), l’entreprise aéronautique Dassault Aviation vient enfin d’obtenir une promesse d’achat (le contrat n’est pas encore signé loin de là comme le signale Florent de Saint-Victor). Ce succès commercial est à relativiser malheureusement. En effet, ce contrat ne rapportera que très peu à la France dans le sens où la majorité des appareils vendus seront construit en Inde : l’apport en terme d’emploi est donc relativement faible pour la France. Pour mémoire, lorsqu’il a été proposé au Brésil, cela devait permettre de conserver/créer (?) 6 000 emplois en France (Dassault, Safran, Thalès) et 3 000 autres au Brésil où tout ou partie des rafales devaient être construit.

D’autres ventes sont possibles : la Suisse (contre de nombreuses facilités offertes par la France) voire le Royaume-Uni pour son aéronavale si les nombreux problèmes du F-35 se confirment (Blog Secret défense). Mais où le vendre ensuite ? De nombreux États risquent de demander des transferts de technologie qui limitent les apports pour l’économie française sans oublier que cela favorise l’émergence à terme d’une inéluctable concurrence très compétitive.

Quel avenir pour l’industrie de défense française et plus largement européenne ?

La réduction drastique des budgets des différents Etats de l’Union européenne pose bien entendu la viabilité de l’outil industriel de défense européen bien que celui-ci soit capable de créer des outils excellents dans de nombreux domaines (aviation, optronique, armement…).
Malheureusement, ces industries souffrent d’un coût élevé des matériels, de la concurrence nord-américaine ou de transferts de technologie massifs qui menacent à plus ou moins long terme la survie de nos industrie face à l’émergence de nouveaux concurrents moins chers. Surtout, la baisse des investissements internes en équipement ne permettra de compenser des pertes à l’exportation. Il est donc logique de penser que l’industrie de défense va subir de sérieux coups, du moins en terme d’emplois sur le sol européen. Ce qui consisterait une catastrophe puisque cela représente 165 000 emplois directs rien qu’en France (lettre 3P n°5).
Malgré tout, on peut espérer sauver cet outil en jouant sur les leviers suivants : 
  • préférence européenne pour l’achat de matériel, surtout quand on voit qu’il est meilleur (Rafale/Eurofighter typhoon/Gripen vs F-35 par exemple) ;
  • la mise en place d’une solide filière de traitement et de recyclage des armements (voir l’exemple ukrainien dans la lettre 3P n° 5 de l’IRIS) ;
  • le renforcement du rôle de l’Agence européenne de défense pour en faire un véritable coordinateur des industries de défense dans le but de défendre au maximum les emplois en spécialisant certains Etats dans leurs domaines de prédilection.

Lectures sur le sujet :