Les Français à l’étranger

1 710 945, tel est le nombre de citoyens français vivant en 2015 à l’extérieur des frontières nationales. Du moins est ce le nombre de personnes inscrites au registre des Français à l’étranger tenu par le « Quai d’Orsay », le ministère des Affaires étrangères et du développement international. Les données fournies permettent de brosser un tableau général pour les années 2001 à 2015.

1. Les données.

Les données utilisées sont réparties entre deux fichiers :
Chiffres du registre des Français établis hors de France pour l’année 2015 ;
Français de l’étranger : inscriptions au registre des Français établis hors de France (2001-2013).

Elles concernent 162 États, dont une entité Jérusalem requalifiée pour le fichier de 2015 en Israël/Territoires palestiniens, c’est à dire, très certainement, les colonies israéliennes en Cisjordanie. Les données couvrent l’ensemble des années entre 2001et 2015 sauf pour certains États : Saint-Siège (2001–2010) ; Afghanistan (2005–2015), Tadjikistan (2009–2015) ; Soudan du Sud, Monténégro et Kosovo (2011–2015).

L’enregistrement étant une démarche volontaire auprès des ambassades et des consulats, ces données ne sont pas strictement parlant celles de l’ensemble des Français vivant à l’étranger.

2. Tableau général.

Comme il a été dit en introduction, 1 710 945 Français ont été enregistrés comme vivant à l’étranger en 2015 alors qu’ils n’étaient que 998 783 en 2001, soit une hausse de 71,3 %.

fra_etra.png

Comme on peut le voir sur la carte, la diaspora française se concentre pour l’essentiel en Europe quoique de fortes communautés existent également en Amérique du Nord ou au Maghreb principalement. Mais qu’en est-il de la taille de ces communautés françaises ? En 2015, le nombre de personnes enregistrées varie selon les États de 54 à 175 700 contre 5 et 109 100 pour 2001. La moyenne est certes de 10627 personnes, mais la médiane n’est que de 1756 personnes : les États avec une communauté française égale ou supérieure à la moyenne rassemblent à eux seuls 82 % des Français du registre.

3. Les États à forte diaspora (> 9e décile).

Ainsi, les 17 États avec les plus fortes communautés — « Jérusalem », le Liban, les Pays-Bas, l’Australie, la Chine le Luxembourg, l’Algérie, l’Italie, Israël, le Maroc, l’Espagne, le Canada, l’Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni, les États-Unis d’Amérique et la Suisse — en rassemblent 70 % (1 200 103 personnes) pour une moyenne de 70 594 personnes sachant que depuis 2001, la hausse moyenne pour ces États est de 111 %. Dans ce groupe, les plus fortes hausses concernent l’Algérie (418,7 %), la Chine (284,7 %), « Jérusalem » (165,3 %), l’Australie (146,9 %).

Le cas suisse. 175 700 Français sont enregistrés en Suisse par le Quai d’Orsay, ce qui représente 24,7 % de la diaspora française. D’après les données fournies par l’Office fédéral de la statistique, au 31 décembre 2015, sur une population résidente permanente et non permanente de 8 423 612 personnes dont 6 278 459 Suisses, les Français étaient 127 609, soit 1,5 % de la population (1).

4. Les États frontaliers.

Les États frontaliers de la France métropolitaine — Suisse, Allemagne, Royaume-Uni, Luxembourg, Belgique, Espagne, Andorre, Monaco — rassemblent 41,6 % de la diaspora. Tous, à l’exception de Monaco et de l’Andorre, font partie des premiers États. À noter que Monaco est l’un des rares États à avoir vu sa communauté française diminuer.

État Groupe Français en 2015 Évolution
Andorre 7 3141 15,61
Monaco 8 7692 -17,49
Luxembourg 10 33362 109,3
Italie 10 44835 45,96
Espagne 10 86016 76,77
Allemagne 10 114020 30,05
Belgique 10 120020 73,87
Royaume-Uni 10 127837 61,99
Suisse 10 175700 61,04

Le cas monégasque. monaco

La communauté française enregistrée à Monaco a connu son maximum en 2003 avant une baisse importante les deux années suivantes. On constate ensuite une belle remontée, stoppée en 2008 et suivie d’une baisse jusqu’en 2011 puis d’une stabilisation. Pour expliquer la baisse des années 2004 et 2005, on peut avancer l’hypothèse qu’elle pourrait être liée à la signature d’une convention fiscale signée en mai 2003 et entrée en vigueur en 2005 (4).

5. Les États membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Parmi les 162 États avec une communauté française, 48 sont membres de plein droit (2) de l’organisation internationale de la Francophonie dont 29 ont la langue de Molière comme langue officielle (3). Ces États rassemblent 695 454 Français, soit 40 %, dont 598 138 étaient enregistrés dans des États dont le Français est la ou l’une des langues officielles. Là encore, quelques États concentrent la communauté française : les trois États frontaliers de la Suisse (175 700),  de la Belgique (120 724) et du Luxembourg (33362) ; le Canada (97 116) ; les États africains de Maroc (51 109) et du Sénégal (20252).

Notes.

(1) Données utilisées : « Population résidante permanente et non permanente selon les niveaux géographiques institutionnels, le lieu de naissance et la nationalité » (sic).

(2) Au terme de son XVIe sommet, les 84 États ou gouvernements membres de l’OIF sont répartis en trois catégories : membres « de plein droit » (54), membres associés (4) et membres observateurs (26). À noter que certains membres sont des régions, provinces, collectivités d’outre-mer fédérés à des États eux-mêmes représentés : Wallonie-Bruxelles, Québec, Nouveau-Brunswick, Ontario, Nouvelle-Calédonie.

(3)  Belgique, Bénin, Burkina-Faso, Burundi, Cameroun, Canada, République centrafricaine, Comores, Congo, République démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Guinée, Guinée-Équatoriale, Haïti, Luxembourg, Madagascar, Mali, Maroc, Monaco, Niger, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Suisse, Tchad, Togo, Vanuatu.

(4) Loi n° 2005-227 du 14 mars 2005 et décret n° 2005-1078 du 23 août 2005

Emplois et population active.

À partir des données détaillées localisées de l’Institut national des statistiques et études économiques sur l’emploi et la population active pour l’année 2013, on peut calculer un ratio, celui du nombre d’emplois, salariés et non salariés, par rapport à la population active des 15-64 ans.
En moyenne, le ratio d’emplois par actif est de 0,49 ; les premier et troisième quartiles étant respectivement de 0,23 et 0,58.

Ces chiffres sont assez faibles, ce que confirme le nombre de communes avec un ratio supérieur ou égal à 1, — c’est à dire un nombre d’emplois supérieur ou égal à celui de la population active de la population — : sur les 36686 communes que comportait alors la France, 3460, soit 9,9 %. Pour autant, seules 42 de ces 3460 communes (1,24 %) ont la totalité de leurs actifs qui travaillent. On tombe même à 424 communes avec un ratio égal ou supérieur de 2.

On trouve également quelques communes avec plus de 10 emplois par actifs, 6 exactement.

Communes avec au moins 10 fois plus d’emplois que d’actifs
Code INSEE Nom de commune Emplois Actifs Ratio Activité principale
95527 Roissy-en-France 77839 1836 43,52 Aéroport international
50353 Le-Mont-Saint-Michel 563 29 20,83 Tourisme (patrimoine mondial de l’UNESCO)
13099 Saint-Paul-lès-Durances 6456 478 13,99 Projet ITER (fusion nucléaire)
01390 Saint-Vulbas 5967 541 11,32 Centrale nucléaire du Bugey
76660 Sandouville 4235 399 10,84 Usine Renault
55087 Bure 285 30 10,03 Laboratoire de l’ANDRA (enfouissement des déchets nucléaires)

On constate que les activités liées au nucléaire sont liées à ces ratios exceptionnels dans trois cas.

En agrégeant les données au niveau des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) — ceux en vigueur en 2013 — et les zones d’emplois, on obtient les chiffres suivants :

Ratio emplois/actifs à des échelons supra-communaux
Zonage Minimum 1er quartile Médiane Moyenne 3ème quartile Maximum
EPCI 0,136 0,489 0,641 0,677 0,840 2,464
Zone d’emploi 0,197 0,509 0,570 0,565 0,634 0,878

Carte de situation sur le conflit au Mali.

La forte progression des forces armées des islamistes touaregs du MNLA et de quelques éléments d’AQMI — grâce à des équipements récupérés en Libye — vers les villes maliennes de Sévaré et Mopti a été stoppée par les forces spéciales françaises (4ème RHFS) au prix d’un hélicoptère et d’un tué (le lieutenant Damien Boiteux). Des avions de chasse en provenance de la capitale tchadienne N’Djamena ont également bombardé les colonnes rebelles. La ville de Kunna, capturée par les rebelles, a ainsi été reprise par les forces maliennes et française.
Des renforts provenant de France sont en cours de route tandis que certains États de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), soit le Niger, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, ont promis des renforts rapidement. 
Cette intervention se fait sous l’égide de l’ONU qui a mis en place la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) dirigée par les États de la CEDAO. Les Etats-Unis d’Amérique ont proposé leur soutien logistique aux forces française après concertation.
Sources :

L’Arctique et le changement climatique : les conséquences géopolitiques.

Le changement climatique que connaît la Terre a des conséquences plus ou moins importantes selon les régions. L’une des régions qui subit et subira des changements majeurs, tant du point de vue environnemental que de la géopolitique, est l’océan glacial Arctique. L’impact se fait d’ors et déjà sentir comme le montre l’accélération de la fonte des glaces : en juillet 2012, la calotte glaciaire recouvrant le centre du Groenland n’a pas fondu de façon aussi forte depuis 1889 d’après des chercheurs du Darmouth College tandis qu’en 2008, 280 gigatonnes de glace ont disparu dans la mer.

1. États riverains et organisations internationales.

 

L’océan glacial Arctique est encerclé par plusieurs des plus grandes puissances mondiales et d’États de moindres envergures : les États-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, la Norvège, le Danemark via sa province autonome du Groenland, l’Islande.
Il existe plusieurs organismes de coopérations inter-étatiques :

  1. le Conseil euro-arctique de Barents dont la principale mission concerne la gestion des déchets et sous-marins nucléaires de la péninsule de Kola ;
  2. l’Artic Military Environmental Cooperation qui regroupe les États-Unis d’Amérique, la Norvège, le Royaume-Uni et la Russie ayant une mission relativement identique au conseil précédent ;
  3. le Conseil arctique, principal organe de coopération dans la région qui regroupe le Canada, le Danemark, les États-Unis d’Amérique, la Finlande, l’Islande, la Norvège, la Russie, la Suède ainsi qu’une représentation de différents peuples autochtones (la Conférence internationale aléoutienne, le Conseil de l’Arctique athabaskan, le Conseil international gwich’in, la Conférence circumpolaire inuit, l’Association russe des peuples autochtones du Nord, le Conseil saami) avec pour buts, entre autres, la protection de l’environnement et le développement durable. Ce conseil accueille également 26 États et organisations observateurs comme l’ Allemagne, la France, l’Espagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Pologne, le Conseil nordique, le PNUE.
Philippe Rekacewicz, 2011.



2. Les enjeux.

 

Une hausse de l’exploitation des ressources naturelles, en particulier énergétiques et minérales. 

 

La disparition de la banquise devrait permettre à terme l’accès aux réserves pétrolières, gazières et minérales que recèle le sous-sol de l’Arctique. Ces réserves sont potentiellement très importantes suivant la matière :

  • 30 % des réserves de gaz conventionnel (7 260 milliards de m3),
  • 13 % de celles de pétrole (90 milliards de barils).

L’ancien gouvernement libéral de la province canadienne du Québec avait lancé en 2011 un « Plan Nord » dans le but de développer l’exploitation des mines de fer situées dans le nord sont l’exploitation était rendue difficile par un coût d’exploitation important induit par des conditions climatiques difficiles et un manque d’infrastructures, en particulier portuaires : la dislocation des glaces permettrait d’exporter facilement le minerai par un nouveau port en eau profonde que le groupe Oceanic Iron Ore Corp. souhaite construire dans la baie d’Ungawa. Mais l’échec d’autres projets similaires du fait de leurs coûts exorbitants pose la question de sa réalisation.
La libération des glaces pourrait également amener une modification du régime des pêches, menaçant ainsi le mode de vie des populations autochtones de la région ; mode de vie largement menacé comme le montre l’érosion de la pratique des langues locales. C’est pourquoi les membres du Standing Committee of Parliamentarians of the Arctic Region ont discuté d’une coopération multilatérale sur la gestion des ressources vivantes.

Vers de futures « autoroutes » maritimes ? 

 

Le réchauffement climatique, en accélérant la débâcle des glaces, va permettre l’ouverture de deux futures « autoroutes » de la mer : le célèbre passage de nord-ouest au large du Canada et de l’Alaska d’un côté et le Sevmorput russe de l’autre. Ces deux voies maritimes permettraient de raccourcir de manière considérable les distances parcourues par les navires de commerce : un trajet Amsterdam–Tokyo passerait de 21 000 kilomètres (via le canal de Suez) à 13 500 en passant par le Sevmorput.
L’État russe a bien compris l’importance future de cet axe largement délaissé depuis la chute de l’URSS en relançant en 2009 la construction de brise-glaces. De plus, l’ouverture de cette route lui permettrait d’exporter les ressources de ses provinces sibériennes et d’améliorer les liens entre ses différentes flottes.
Le passage du nord-ouest, franchi pour la première fois par Roald Amundsen en 1906, pose un problème assez épineux puisque le Canada considère qu’il se trouve sous son entière souveraineté tandis que les États-Unis d’Amérique et l’Union européenne le considèrent comme étant un détroit international régit par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer — dite de Montego Bay.
L’ouverture de ces deux nouvelles routes amène à la création ou au renforcement de certains besoins concernant la sécurité de la navigation : brise-glaces, moyens de surveillance (projet de système satellite russe Arktika et son équivalentcanadien), de recherche et de secours (des exercices ont lieu tous les deux ans dans le cadre du Conseil euro-arctique de Barents et un accord contraignant a été signé sur ce sujet par les membres du Conseil arctique en mai 2011).
Pourtant, une étude de Frédéric Lasserre montre que les « autoroutes » arctiques n’attirent pas les armateurs, en particulier pour le transit, du fait du coût des navires spéciaux, des primes d’assurances plus élevées, des dangers de la navigation dans le secteur, de la difficulté de prévoir plusieurs semaines/mois à l’avance les dates de transit alors que rien ne prouve que le passage sera libre.

L’épineuse question de la revendication des espaces maritimes. 

 

La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, rentrée en vigueur le 16 novembre 1994, permet aux États de déposer un dossier d’extension de la ZEE auprès de la Commission on the Limits of the Continental Shelf jusqu’aux limites du plateau continental. L’océan arctique est ainsi le théâtre de plusieurs revendications afin de permettre aux différentes puissances arctiques de contrôler les ressources et les routes maritimes. La Russie a montré sa volonté en août 2007 en plantant par 4000 mètres de fond un drapeau en titane sur les limites qu’elle revendique depuis 2001. Si la limite de la ZEE russe n’est pas encore mis en place, le litige frontalier russo-norvégien concernant 175 000 km2 de mer a été réglé par la signature d’un accord le 27 avril 2010.
Le Canada revendique également une extension de sa ZEE tout en incluant la souveraineté sur l’ensemble des détroits séparant les îles de l’archipel arctique. Il s’oppose également avec le Danemark sur la possession de l’îlot de Hans et avec les États-Unis d’Amérique sur leur frontière maritime en mer de Beaufort.
Les États-Unis d’Amérique pourraient également souhaiter une extension de leur ZEE mais n’ayant pas ratifié la Convention de Montego Bay, ils ne peuvent en faire la demande.
La Norvège depuis 2006, le Danemark et l’Islande depuis 2009, ont officiellement demandé une extension délimitée de leur ZEE auprès de la CLCS.

Une relative militarisation de l’Arctique. 

 

Les revendications territoriales, la volonté de contrôler les ressources de l’Arctique amènent une montée en puissance relative des forces militaires dans la région.
La Russie, après avoir due les abandonner pendant de nombreuses années, a relancé les patrouilles de ses bombardiers stratégiques et a lancé un ambitieux programme de construction navale ; mais la déshérence de ses chantiers navals laissent penser que la flotte russe ne pourra être véritablement présente dans la région que dans une quinzaine d’années au minimum.
Le Canada a lancé la construction d’un port en eau profonde à Nanisivik mais il semblerait que ce ne soit finalement qu’une escale de ravitaillement. Une base militaire est également en construction à Resolute Bay. La construction de navires adaptés à l’Arctique n’avance pas malgré les promesses du gouvernement fédéral conservateur.
La Norvège mène depuis plusieurs années une campagne de construction navale (patrouilleurs de classe Svalbard, frégate de classe Nansen) destinée à affirmer ses positions dans la région.
Le Danemark, présent via le Groenland, considère la menace dans la région comme faible mais a tout de même crée une Arctic Response Force au cas-où.
Les États-Unis ne mènent aucune politique militaire particulière dans la région, ses efforts se portant désormais dans le Pacifique. Ils ont fermé il y a quelques années leur base islandaise de Keflavik mais restent présent au Groenland (base de Thulé).

Le cas de la République populaire de Chine. 

 

Les ressources de la région et l’ouverture des routes maritimes — synonyme d’une économie de 6400 kilomètres et 180 000 dollars de fuel entre Shanghaï et Kirgenes — ont amené la République populaire de Chine à s’immiscer dans la région : elle a mené, depuis une vingtaine d’années, quatre expéditions scientifiques en s’appuyant sur son brise-glace Xuelong (Dragon des neiges), ouvert une station polaire sur le site de Ny-Alesund dans les Spitzberg (la France y dispose également d’une station de recherche dédiée à la télédétection). Sa politique dans l’Arctique tourne principalement autour de sa candidature à la position observateur permanent au sein du Conseil arctique.
Après un premier échec en 2009, la Chine tente d’obtenir le soutien de plusieurs États afin de pouvoir retenter sa chance en 2013 et le contexte peut paraître favorable malgré l’existence de résistances :

  • elle a ouvert une très grande ambassade de 300 personnes en Islande, signée avec son gouvernement un accord de coopération énergétique et investi plusieurs millions d’euros dans son industrie du silicium ;
  • avec le Groenland, elle a passé un accord de coopération universitaire et prévu d’investir dans des mines ;
  •  la Chine a investi 16 milliards dans le secteur énergétique canadien ;
  • les relations sino-norvégiennes mises à mal par le prix Nobel de la paix 2010 se sont largement réchauffées (C’est une commission composée de membres du Storling — le Parlement monocaméral de la Norvège — qui remet le prix.) ;
  • la France, via son ambassadeur pour les pôles, Michel Rocard, soutient la candidature chinoise.

2. Sources

2.1 Atlas.

– Monde diplomatique, L’Atlas du Monde diplomatique. Un monde à l’envers, Paris,
2009.
– Monde diplomatique, L’Atlas du Monde diplomatique. Monde émergents, Paris, 2012.
– Monde diplomatique, L’Atlas de l’environnement, Armand Colin, Paris, 2008.
– Virginie Raisson, 2033. Atlas des futurs du Monde, Robert Laffont, Paris, 2010.

2.2 Rapports.

– « Arctic Biodiversity Trends 2010 – Selected indicators of change »,CAFF International Secretariat, Akureyri (Islande), Mai 2010. http://www.grida.no
– Johnsen, Alfthan, Hislop & Skaalvik, « Protecting Arctic Biodiversity », Programme des Nations Unies pour l’environnement/GRID–Arendal, 2010, http://www.grida.no 

 2.3 Articles.

– John Patrick Crump, « The future of the Arctic Council », Blog, UNEP/Grid–Arendal,
28 mai 2012, http://www.grida.no
– Frédéric Lasserre & Jérome Le Roy (entretien), « Le Grand-Nord. État des forces
en présence », Diplomatie hors-série n° 13, Paris, août–septembre 2010.
– Frédéric Lasserre, « Des autoroutes maritimes polaires ? Analyse des stratégies des
transporteurs maritimes dans l’Arctique », Cybergeo : European journal of geography [En ligne], Espace, Société, Territoire, article 537, mis en ligne le 31 mai 2011, consulté le 15 octobre 2012. URL : http ://cybergeo.revues.org/23751.
– Franck Tétart, « Arctique : état des lieux », Carto n°6, Paris, juillet–août 2011, p. 34-35.
– Franck Tétart, « La biomasse, énergie privilégiée par les pays nordiques », Paris, Carto n° 11, Paris, mai–juin 2012, p. 40.
– Franck Tétart, « L’Islande n’est pas à vendre…aux Chinois », Carto n°9, Paris,
janvier–février 2012, p. 40.
– Franck Tétart, « Une nouvelle cartographie de la banquise », Carto n°12, Paris,
juillet–août 2012, p. 40.
– Franck Tétart, « Le réchauffement climatique : déjà perceptible en Arctique », Carto n°7, Paris, septembre–octobre 2011, p. 45.
Charles Haquet, « Arctique : Pékin ne perd pas le nord », L’Express [En ligne], mis en ligne le 28 août 2012, mis à jour le 30 août 2012, consulté le 15 octobre 2012, URL : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/pole/arctique-pekin-ne-perd-pas-le-nord_1153695.html

L’admission de la Palestine à l’UNESCO [Mis à jour]


L’admission de la Palestine comme membre à part entière de l’UNESCO marque un pas important dans la mise en place d’un État palestinien. Malgré tout, il est à craindre que l’État israélien en profite pour renforcer la colonisation et multiplier ses exigences.
Les États-Unis d’Amérique persistent dans leur soutien inconditionnel à Israël même si cela doit les opposer à une grande part du monde en particulier aux États de son pré carré américain où seuls les États les plus dépendants ou proches idéologiquement l’ont suivi : les membres de l’Alena (dépendance économique plus idéologie de Stephen Harper au Canada), le Panama et la Colombie. L’influence du lobby juif aux États-Unis est donc majeure, surtout en pleine campagne présidentielle, comme le montre d’ailleurs le dernier Un oeil sur la planète.
Concernant l’Union Européenne, on constate comme d’habitude sa division avec quatre États ayant voté contre dont l’Allemagne tandis que dix ont voté pour l’admission.
Pour terminer, on voit bien que les États du Sud représentent une force politique majeure à partir du moment qu’un véto ne peut leur être opposé. D’ailleurs, il serait intéressant de voir quel sera l’impact de ce vote sur l’image des États-Unis dans ces pays.

L’UNESCO va chèrement payer cet acte en perdant du fait de la loi des États-Unis d’Amérique 22 % de son budget. Le Canada et Israël devant suivre le même chemin, l’UNESCO va perdre  25,591 % de son budget, handicapant lourdement ses capacités de travail. L’arrêt des contributions à une agence de l’ONU dont le travail est à priori des plus respecté ne va pas améliorer, là encore l’image des États-Unis d’Amérique.
Pour le Canada, on peut se demander si cela ne souligne pas un désintérêt croissant pour l’ONU comme le montre d’ores et déjà la baisse de la participation aux opérations de maintien de la paix. On peut également prédire de plus grande difficultés pour cet État dans les négociations avec les États sud-américains qui sont pourtant un axe majeur de sa politique étrangère (Géopolitique le débat, RFI).
Quant à Israël, son isolement diplomatique risque d’augmenter mais tant que l’ensemble de l’Union européenne ne tentera pas de faire pression de manière très importante, cela ne servira pas à grand chose.

Edit :
On remarquera enfin que des régimes très décriés (Corée du Nord, Cuba, Soudan, Iran, Biélorussie) se sont montrés plus ouverts que de nombreuses démocraties qui se sont abstenues ou ont carrément voté contre.

La carte est mise à jour, principalement grâce aux informations de Wikipédia (et donc potentiellement erronées). Vous voudrez bien excuser l’absence de légende et des tailles de symboles non-identiques alors qu’ils devraient l’être.

Sources :

  • Wikipédia ;
  • Ria Novosti ;
  • RFI ;
  • Irandaily ;
  • twitter ;
  • Wiadomosci ;
  • le plus du Nouvelobs…

Quel avenir pour l’industrie de défense française et plus largement européenne ?

La réduction drastique des budgets des différents Etats de l’Union européenne pose bien entendu la viabilité de l’outil industriel de défense européen bien que celui-ci soit capable de créer des outils excellents dans de nombreux domaines (aviation, optronique, armement…).
Malheureusement, ces industries souffrent d’un coût élevé des matériels, de la concurrence nord-américaine ou de transferts de technologie massifs qui menacent à plus ou moins long terme la survie de nos industrie face à l’émergence de nouveaux concurrents moins chers. Surtout, la baisse des investissements internes en équipement ne permettra de compenser des pertes à l’exportation. Il est donc logique de penser que l’industrie de défense va subir de sérieux coups, du moins en terme d’emplois sur le sol européen. Ce qui consisterait une catastrophe puisque cela représente 165 000 emplois directs rien qu’en France (lettre 3P n°5).
Malgré tout, on peut espérer sauver cet outil en jouant sur les leviers suivants : 
  • préférence européenne pour l’achat de matériel, surtout quand on voit qu’il est meilleur (Rafale/Eurofighter typhoon/Gripen vs F-35 par exemple) ;
  • la mise en place d’une solide filière de traitement et de recyclage des armements (voir l’exemple ukrainien dans la lettre 3P n° 5 de l’IRIS) ;
  • le renforcement du rôle de l’Agence européenne de défense pour en faire un véritable coordinateur des industries de défense dans le but de défendre au maximum les emplois en spécialisant certains Etats dans leurs domaines de prédilection.

Lectures sur le sujet :

"2012. État d’urgence" de François Bayrou : premières impressions.

 
Ceci est une révolution le dernier ouvrage de François Bayrou, président du Mouvement démocrate, dans lequel il propose une analyse de la situation française avant de donner deux voies à utiliser : la production et l’éducation.
Si son diagnostic est le plus souvent pertinent (rythme législatif trop élevé, nombre insuffisant de PME, syndicalisation insuffisante…), je suis plus dubitatif sur les remèdes et certaines propositions :
  • Le fait que le Président de la République « ne peut pas être le chef d’un clan en son pays. Il représente le pays tout entier, dans la diversité de ses opinions […] » (p. 151) me parait dès plus idéaliste et irréaliste car le Président sort d’un moule, celui d’un parti.
  • Concernant par exemple la faiblesse de la syndicalisation en France (8% des employés), M. Bayrou la regrette mais ne propose rien.
  • M. Bayrou reprend le modèle allemand pour dire que la France doit s’en inspirer pour nous relancer. Mais ce modèle repose sur l’exportation avec une faible consommation intérieure due à une compression des salaires avec pour résultat une hausse des inégalités et de la précarité, une croissance faible. Or, le modèle français reposant sur la consommation intérieure, l’application du modèle d’outre-Rhin pourrait être catastrophique.
  • Pour ce qui est de la démondialisation, M. Bayrou dit que le protectionnisme « n’a jamais marché » (p. 39). Or, dans certaines conditions particulières, cela fonctionne bien mieux que le libre-échange comme l’a montré l’historien Paul Bairoch dans Mythes et paradoxes de l’histoire économique
  • Enfin, je trouve que M. Bayrou passe bien vite sur son « plan pour les finances publiques » avec pas plus de 43 lignes sur le sujet (p. 105-107). Plan qui ne tient pas la route à mon avis  pour les raisons suivantes :
  1. Sous-estimation du montant des niches fiscales (il ne parle pas des niches déclassées) et en en conservant trop alors que leur efficacité est toute relative ;
  2. en menaçant la croissance avec une hausse de deux points de la TVA alors qu’il espère récupérer 20 milliards grâce à « la politique de soutien à la production […], de l’investissement consécutif au grand emprunt, une croissance améliorée » (p. 107) ;
  3. en n’augmentant pas suffisamment les plus hautes tranches de l’impôt sur le revenu (45 % au lieu de 41 % plus une tranche marginale de 50 % pour les « revenus très élevés » : combien ?).
  4. en récupérant on ne sait comment 15 milliards sur les budgets sociaux. Enfin si, en réformant les retraites et en trouvant un meilleur équilibre pour l’assurance maladie. Très bien mais pourrait-on avoir quelques détails ?
  5. en baissant les interventions de l’État : c’est à dire en diminuant son train de vie, ses interventions envers les entreprises (question : et les fameuses PME ?), les collectivités locales (Question : pourrait-on avoir plus de détails et allez-vous au moins effectuer les transferts financiers qui n’ont pas eu lieu sous M. Sarkozy ?) et en continuant « avec discernement«  la diminution du nombre de fonctionnaire.
Pour conclure, un livre très bien écrit par un auteur volontaire qui nous donne une analyse intéressante mais qui laisse pas mal de questions en suspens pour ce qui est de la solution.