« 5 ans de blocus : la situation humanitaire dans la bande de Gaza ».

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Ce billet est une traduction personnelle du document « Five years of blockade : the humanitarian situation in the Gaza strip(fact sheet) » que vous pourrez trouver sur le site de l’Office des nations-unies pour la coordination des affaires humanitaires dans les territoires palestiniens occupés (OCHAOPT).

Quelques faits :
  • L’intense blocus de la bande de Gaza a été mis en place en juin 2007, il y a 6 ans.
  • Gaza est l’une des zones les plus densément peuplée dans le monde (plus de 4500 hab/km²).
  • 34 % de la population active gazaouite, incluant plus de la moitié de ses jeunes, est au chômage.
  • 44 % des Gazaouïs souffrent d’insécurité alimentaire et environ 80 % reçoivent une aide alimentaire.
  • En 2011, le PIB par habitant était inférieur d’environ 17 % par rapport à celui de 2005, avant les dernières élections palestiniennes.
  • En 2011, moins d’un camion de marchandises par jour sortait de Gaza, soit moins de 3 % de la moyenne des exportations durant la première moitié de 2007.
  • 35 % des terres arables de Gaza et 85 % de ses eaux halieutiques (fishing waters) sont totalement ou partiellement rendues inaccessibles par les restrictions israéliennes.
  • Depuis juin 2010, 73 % des projets onusiens de reconstruction soumis aux autorités israéliennes ont été approuvées ; des dizaines d’autres projets attendent une approbation depuis 18 mois en moyenne.
  • Une sévère pénurie en fuel et en électricité amène des coupures pouvant atteindre 12 heures par jour.
  • Quelques 90 millions de litres d’eau non traitées ou partiellement traitées sont rejetées chaque jour en mer.
  • Plus de 90 % des eaux des nappes phréatiques de Gaza sont impropres à la consommation humaine sans traitement.
  • 85 % of schools in Gaza run on double shifts.
  • Quelques 71 000 nouvelles unités d’habitations sont requises pour couvrir les besoins actuels.
  • Depuis l’intensification du blocus en 2007, au moins 172 civils palestiniens ont été tués et 318 blessés tandis qu’ils travaillaient dans les tunnels entre Gaza et l’Égypte.
  • Durant cette période, près de 2300 Palestiniens ont été tués et 7700 blessés par les forces israéliennes, les deux tiers d’entre eux durant l’opération « Plomb durci ». Plus d’un quart (27%) des pertes palestiniennes étaient des femmes et des enfants.
  • Depuis juin 2007, 37 Israéliens ont été tués et 380 blessés dans des attaques menées depuis Gaza, 40 % d’entre eux étant des civils.

  1. Le blocus terrestre, aérien et maritime de la bande de Gaza est toujours en cours. Ce blocus, imposé par Israël depuis la prise de contrôle de Gaza par le Hamas en juin 2007, intensifie la fermeture appliquée depuis le début des années 1990. C’est un déni des droits humains de base en violation du droit international et équivaut à une punition collective.
  2. Les capacités de production gazaouïtes n’ont montré presque aucun rétablissement, rendant non-soutenable/durable la récente croissance économique. L’augmentation de l’activité économique durant l’année 2011 résulte largement de l’apport de fonds de l’extérieur et était concentrée dans les secteurs de la construction et des services. La continuelle interdiction des transferts de marchandises depuis Gaza vers ses traditionnels débouchés de Cisjordanie et d’Israël, parallèlement aux sévères restrictions d’accès aux terres agricoles et aux eaux halieutiques, empêchent un développement durable et perpétuent les hauts niveaux de chômage, d’insécurité alimentaire et de dépendance aux aides.
  3. Les restrictions d’importation, incluant les matériaux de construction de base, a conduit à la prolifération des tunnels sous la frontière avec l’Égypte. Ces restrictions, combinées avec le manque d’opportunités d’emplois et les énormes besoins de reconstruction, ont poussé des milliers de travailleurs, dont quelques enfants, à risquer leur vie chaque jour dans « l’industrie des tunnels ».
  4. La qualité des infrastructures et des services vitaux, incluant les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’eau et de l’assainissement, a significativement déclinéen rason des restrictions d’importation et de l’augmentation rapide de la population. L »incapacité à combler les lacunes existantes augmentera la vulnérabilité de la population. Malgré les mesures prises en juin 2010 pour alléger le blocus, les organisations internationales continuent à faire face au défi qu’est de répondre aux plus urgent besoins humanitaires dans cet espace, du fait du complexe système d’approbation mis en place par les autorités israéliennes.
  5. La « politique de séparation » entre la bande de Gaza et la Cisjordanie, qui comprend de sévères restrictions des mouvements des biens et des personnes entre ces deux espaces, est une composante centrale du blocus. Elle empêche l’accès des gens aux services (y compris l’enseignement supérieur) et aux moyens de subsistances, trouble la vie de famille et sape la solution à deux États.
  6. Le manque de respect de tout les côtés avec le droit humanitaire international durant les montées de tension continue à amener morts et blessés civils. L’utilisation par les groupes armés de zones urbanisées pour lancer des attaques sans aucune distinction sur le sud d’Israël, aussi bien que les méthodes employées par les militaires israéliens pour appliquer les restrictions d’accès sur la frontière, suscitent de sérieuses préoccupations sur la protection des populations.


Depuis 2009, les forces navales israéliennes empêchent aux pêcheurs d’accéder aux espaces maritimes situés au-delà de trois milles nautiques des côtes de Gaza où se situent les principales réserves de sardines.

Prises de sardines en tonnes.
Année 2008 2009 2010 2011
Prises 1983 463 645 383


Les restrictions d’importation ont entravé l’expansion et l’amélioration des infrastructures d’assainissement. Près de 90 million de litres d’eau non-traitées ou partiellement traitées sont rejetés dans la mer chaque jour. La contamination des eaux littorales pose de sérieux risques sanitaires.

Les terres agricoles situées à moins de 500 mètres du périmètre de la barrière sont totalement inaccessibles, alors que l’accès aux terres situées jusqu’à 1500 mètres est risqué du fait des fréquents « tirs de sommation » de l’armée israélienne. Un volume de production estimé à 75 000 tonnes perdu chaque année est le résultat de ces limitations d’accès.

Moyenne quotidienne des sorties d’individus de Gaza.
Année
2000
2010
2011
2012
Quantité
26 000
130
170
200