Quelques chiffres sur le château de Versailles.

La construction du château de Versailles passe pour avoir été très dispendieuse des deniers (ou plutôt des livres) de l’ État, surtout quand on compare par rapport au niveau de vie de la population.
À partir de l’ouvrage Versailles, le pouvoir de la pierre, on peut donner les chiffres suivants :
  1. De 1664 à 1690 :
    • Versailles (construction, eaux & jardins) : 52 420 010 livres dont 3 276 347 livres pour la machine de Marly ;
    • Trianon : 2 208 742 livres ;
    • Clagny : 1 986 209 livres ;
    • Marly : 4 218 044 livres.
Soit un total de 60 833 005 livres.
  1. De 1690 à 1715 : environ 20 millions de livres.
Au total, Louis XIV aura dépensé entre 1661 et 1715, la somme de 82 millions de livres, soit le coût de 2 ou 3 campagnes militaires ou un peu plus que le déficit budgétaire de 1715 (page 283). En 1706, les dépenses extraordinaires de guerre (soit une partie des dépenses militaires) représentent 100 millions de livres. Le coût de Versailles est donc à relativiser comme le montre l’exemple de l’année 1683 (p. 183) :
Dépenses totales : 115 millions de livres dont
      • 65 millions pour l’armée, la marine et les fortifications de Vauban, soit 56 % du budget ;
      • Dépenses de Cour, pensions à la noblesse et Versailles : moins de 10 % dont 2 ou 3 millions pour Versailles (graphique p. 284).
Malgré tout, un tel montant pour des dépenses touchant très peu de gens peut tout à fait nous paraître exorbitant, surtout que c’était la cas pour l’époque comme le montre l’exemple d’Ézéchiel Spanheim, ambassadeur de Brandebourg vers 1690 (p. 282) ou de Turgot sous Louis XVI qui fera abaisser ces dépenses (p. 175).

Source : Joël CORNETTE, Versailles. Le pouvoir de la pierre, Paris, Éditions Tallandiers, 2006.






Petite géopolitique des Jeux olympiques modernes.

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Le sport est un élément non négligeable de la géopolitique puisque les oppositions entre États se répercutent dessus comme le montre par exemple les boycotts de manifestations sportives (très visible durant la Guerre froide) ou encore le fait qu’Israël soit membre de l’UEFA et non de l’AFC. L’attribution des Jeux olympiques est l’occasion d’une compétition féroce entre les villes candidates du fait du prestige de cette compétition. Aussi, l’étude de la localisation de ces événements exceptionnels permet de voir les rapports de force.


Comme le montre ce graphique, l’Europe domine largement mais cela s’explique aisément par le fait que c’est le foyer des JO et l’ancien centre de gravité mondial, particulièrement avant la seconde guerre mondiale1 ; un nombre suffisant d’États susceptibles d’accueillir les JO, l’Amérique du Nord ne disposant que du Canada et des États-Unis d’Amérique ; une bonne concentration de sportifs et une bonne capacité financière.
Ce dernier élément, qui va de paire avec la puissance étatique, est primordial car les dépenses demandées par ce genre d’évènement sont somptuaires pour montrer la puissance de la ville d’accueil – certaines villes ont accueillie à plusieurs reprises les Jeux olympiques comme le montre l’exemple de Londres (3 fois) – et de l’État. Cela explique l’absence de toute olympiade en Afrique, leur rareté en Asie, la quasi-totalité s’étant déroulés au Japon ou en Corée du Sud. L’Australie a obtenu deux olympiades ce qui s’explique par sa puissance économique, son importance géopolitique en Océanie mais aussi une faible visibilité mondiale.

Les États-Unis d’Amérique ont accueilli le plus d’olympiades, ce qui s’explique très simplement par l’hégémonie de cet État sur le monde et la possibilité d’accueillir les deux types (été & hiver) au contraire d’autres pays. La France suit, ce qui s’explique par le fait que c’est un Français, le baron Pierre de Couvertin, qui a remis au goût du jour cette compétition, son importance géopolitique et sa capacité d’accueil.

Le Brésil et la Chine ont/vont accueillir les Jeux olympiques, ce qui coorespond à leurs montées en puissance sur l’échiquier mondial.


 Du fait de leurs importances grandissantes, l’Asie et l’Amérique du Sud devraient accueillir de plus en plus fréquemment des olympiades au détriment de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Pour ce qui est de l’Afrique, il est difficile d’imaginer que la flamme olympique ne s’y pose avant 2040-2050 pour le moment. Malgré tout, l’Europe dominera toujours du fait de son avance considérable : il faudrait 400 années pour que tous les continents soient à son niveau.

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État JO été JO été (%) JO hiver JO hiver (%) Cumulé Cumulé (%)
Afrique 0 0,00% 0 0,00% 0 0,00%
Océanie 2 7,14% 0 0,00% 2 4,00%
Asie 3 10,71% 2 9,09% 5 10,00%
Amérique 7 25,00% 6 27,27% 13 26,00%
Europe 16 57,14% 14 63,64% 30 60,00%
Total 28 100,00% 22 100,00% 50 100,00%
 Sources.
 Notes.
1Période ne figurant pas sur le graphique.

Les empires coloniaux européens en 1763.

Copyright : Modifications, réutilisation, distribution autorisées avec mention obligatoire (même après modification) du nom de l’auteur (Antoine SOBOCINSKI). 
Dernière réalisation cartographique pour l’exposé de trois camarade de ma promotion. Cette carte a été réalisée avec GIMP et Inskape. 
J’ai oublié de faire figurer sur la carte deux territoires danois : les îles Féroé d’une part et les îles vierges danoises (américaines aujourd’hui, depuis 1917) d’autre part.
Les commentaires sont les bienvenus.