L’évolution des dépenses militaires durant la décennie 2000-2010.

A partir des données fournies par le SIPRI, j’ai réalisé la carte suivante qui représente l’évolution sur 11 ans (sauf indication contraire) des dépenses militaires dans le monde. Les données sont en dollars constants (valeur 2009).

On constate donc une baisse ou une stagnation des dépenses militaires en Europe de l’ouest tandis que celles du Canada et des États-Unis d’Amérique augmentent. On constate donc que le fossé au sein de l’OTAN s’est creusé : quelle sera la réaction des États membres de l’UE ? L’avenir semble difficile avec une baisse continue des budgets avec la crise qui amène une perte de capacités importantes sans coordination, un véritable « suicide collectif » (voir Bruxelle2 et Défense en ligne).
Les pays émergents augmentent de façon importante leurs dépenses que ce soit en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud. Les BRICA jouent un rôle central, en particulier la Chine qui augmente son budget de 11,7 % cette année, la Russie qui annonce un vaste plan d’investissements.
On remarquera une hausse dans la zone Pacifique sauf pour le Japon tandis que la Corée du Sud investie et pourrait devenir à terme une puissance militaire des plus importantes. De même pour l’Australie qui veut faire face à la montée en puissance de la Chine bien que le budget et les matériels (sous-marin par exemple) ne suivent pas ses ambitions.
Pour ce qui est de l’Iran, on peut observer que ses dépenses militaires sont en baisse sur la période, de même pour le Vénézuela.

Données chiffrées utilisées pour la carte.

A propos de la vente du Rafale en Inde.

Après de multiples échecs (Maroc, Émirats Arabes Unis…), l’entreprise aéronautique Dassault Aviation vient enfin d’obtenir une promesse d’achat (le contrat n’est pas encore signé loin de là comme le signale Florent de Saint-Victor). Ce succès commercial est à relativiser malheureusement. En effet, ce contrat ne rapportera que très peu à la France dans le sens où la majorité des appareils vendus seront construit en Inde : l’apport en terme d’emploi est donc relativement faible pour la France. Pour mémoire, lorsqu’il a été proposé au Brésil, cela devait permettre de conserver/créer (?) 6 000 emplois en France (Dassault, Safran, Thalès) et 3 000 autres au Brésil où tout ou partie des rafales devaient être construit.

D’autres ventes sont possibles : la Suisse (contre de nombreuses facilités offertes par la France) voire le Royaume-Uni pour son aéronavale si les nombreux problèmes du F-35 se confirment (Blog Secret défense). Mais où le vendre ensuite ? De nombreux États risquent de demander des transferts de technologie qui limitent les apports pour l’économie française sans oublier que cela favorise l’émergence à terme d’une inéluctable concurrence très compétitive.

Quelques chiffres tirés du Monde diplomatique d’août 2011.

États-Unis d’Amérique :

  • Contrôle de la richesse nationale.
– 1974 : 0,1 % des États-uniens contrôlent 2,7 % de la richesse nationale.
– 2007 : 0,1 % des États-uniens contrôlent 12,7 % de la richesse nationale.

  • Groupes de pression (lobying).
– 1971 : 175 entreprises disposent de lobyistes à Washington. 
– 1982 : 2500 entreprises disposent de lobyistes à Washington. 
  •  Taux d’imposition moyen des 0,01 % les plus riches.
– 1970 : 75 % environ.
– 2011 : 35 %.
  • Élections, médias.
– Coût d’un spot politique de 30 secondes : 2 000 $ en 2008 ; 5 000 $ en 2010. 
– Les 2/3 des dépenses de campagnes de 2010 sont allées dans les caisses des chaines de télévision : cela représente 20 % des revenus publicitaires des chaines commerciales (3 % en 1990).

Marrakech (Maroc).
  • Tourisme.
– 1 million de touristes en 2001. 
– 1,8 million en 2010.
  • Hôtellerie.
– 1973 : 25 hôtels.
– 2011 : 152 hôtels, soit 30 % de parc hôtelier marocain.
  • Prix de l’immobilier dans la Médina.
–  Une maison achetée et rénovée en 2003-2004 pour 80 000 € est revendue pour 200 000 € en 2006.
Calcutta (Inde).
 – 1/3 des 4,5 millions d’habitants (13 millions pour l’agglomération) vivent dans des slums (bidonvilles) contre 55 % à Bombay.

Hambourg (Allemagne).
– 1 enfant sur 5 vit sous le seuil de pauvreté.
– 26 des 300 plus grosses fortunes allemandes résident à Hambourg et représentent 44 milliards d’euros, soit 50 % du PIB de la ville.
– 31 des 627 contribuables ont été contrôlés par le fisc en 2010.
– Les résidents de la Marco Polo Tower (tour écologique où le coût moyen d’un appartement est de 3,7 millions d’euros) reçoivent les fumées des paquebots situés à proximité. Cela représenterait les émissions de poussières de « 50 000 camions fonçant à 130 km/h, à quoi s’ajoutent d’importantes quantités de dioxyde de soufre, de dioxude d’azote et de particules cancérigènes« .