L’eau et la Chine : synthèse du rapport d’Alexandre HEIM, La Chine, l’eau et ses voisins.

Ce rapport1 d’Alexandre HEIM pour l’IRIS est consacré à un problème majeur pour la Chine : la gestion des ressources en eau.
La Chine dispose de 6 à 7 % de l’eau douce disponible dans le monde, la classant ainsi 6ème. Mais ses 1,3 milliards d’habitants font qu’elle n’atteint que le quart de la moyenne mondiale pour la disponibilité en eau par habitant et par an, soit 2 260 m3/hab/an.
L’un des principaux problèmes de la Chine et la répartition de la pluviométrie avec des provinces comme le Fujian qui profite de la mousson et donc de plus de 1500 mm de pluie par an, tandis que d’autres (le Qinghai par exemple) reçoivent moins de 500 mm de pluie par an. La variation des précipitations amène forcément inondations et sécheresses, les secondes aboutissant à une forte progression du désert dans le nord du pays.La concentration de la population sur la côte est amène une surexploitation des nappes phréatiques qui fournissent l’eau potable à 70 % de la population : 20 % de l’eau consommée est tirée de ces nappes qui voient leur niveau baisser. Cela aboutit à un affaissement des sols en zone urbaine. Mais plus grave, le manque de structures pour traiter les eaux usées des ménages et de l’industrie, les rejets de l’agriculture amènent une contamination des nappes.
La Chine est confrontée également à un problème de gaspillage de la ressource puisque le taux de perte est de 60 % du fait de la vétusté des systèmes d’irrigation, de la consommation importante de l’industrie comparativement à celle des pays développés.
L’augmentation des ressources en eau disponibles étant nécessaire, la Chine s’est lancé dans l’encensement des nuages, le dessalement, a lancé un vaste programme de construction de stations d’épuration et prépare un plan quinquennal de lutte contre la pollution à partir d’une vaste étude.
Mais la gestion de l’eau a aussi des conséquences sur les relations de la Chine avec ses voisins, que ce soit avec la Russie à propos de la pollution du fleuve Amour, du Kazakhstan à cause de l’accaparement des eaux de la rivière Irtych, de l’Inde pour le Brahmapoutre ou du Mékong avec les pays de la péninsule indochinoise pour ce qui est des projets hydroélectrique.