Le sacrifice suprême au service de la paix : les morts de l’ONU.

Source : ONU.
Depuis la création de l’ONU, 2900 médailles Dag Hammarskjöld ont été décernées. Malheureusement, pour l’ensemble des titulaire de cette récompense mise en place sous Kofi Annan, celle-ci n’est décernée qu’à titre posthume aux membres de l’ONU décédés au cours d’une mission de maintien de la paix.




I. Les pertes : statuts des tués et causes des décès. 

SOBOCINSKI Antoine.

 
Si 69 % des décès furent accidentels ou dus aux maladies, les morts violentes ne représentant que 26 % des décès, les militaires et les observateurs militaires (les casques bleus) avec un effectif de 2207 morts constituent la grande majorité (soit 76 %) de cette « population ». 


Les personnels civils, si l’on n’y intègre pas les membres des forces de police, représnetent une part non négligeable des pertes avec 489 tués. On remarqura que les pertes autochtones sont plus nombreuses.


















SOBOCINSKI Antoine

SOBOCINSKI Antoine.

Les graphiques ci-contre (dont 2 avec des échelles logarithmiques) représentent pour chaque année le nombre de décès et la cause de ceux-ci. Si l’on excepte les années 1961 (105/155 †) et 1993 (127/282 †), les pertes par mort violente (dont la première victime fut le commandant français René de Labarrière (1899-1948)) sont relativement rares par rapport aux morts accidentelles dont l’élément emblématique est la décimation de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) lors du séisme du 12 janvier 2010. À l’exception des années 1961, 19931-1995, le nombre de décès ne fut jamais supérieur à 100 jusqu’à l’année 2003. Depuis, sept années ont dépassé cette limite. 





II. Les contributions étatiques et les pertes par État.






99 210 militaires, experts militaires et policiers servaient à la date du 31 mars au sein des différentes missions de l’ONU. Les principaux contributeurs, qui fournissent plusieurs milliers d’hommes, jusqu’à 10 600 pour le Bangladesh, 10 580 pour le Pakistan ou encore 8 657 pour l’Inde, sont tous des pays du Sud avec une belle concentration sud-asiatique et 4 des 5 membres de club des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Les pays du Nord contribuent moins en terme de force mais financent largement les opérations. Cette moindre participation humaine s’explique par le fait que les indemnités que versent l’ONU ne couvrent pas le coût d’un soldat « occidental » tandis que les autres pays acquièrent ainsi de l’expérience et des financements. Malgré tout, la participation de l’Italie, de la France et de l’Espagne n’est pas si négligeable avec respectivement 1 744, 1 471 et 1 113 hommes fournis2. Si les contributions occidentales sont plus faibles, les pertes accumulées au cours de l’histoire laisse transparaitre un certain équilibre. Trente-quatre États ont fournis 74,83 % des pertes onusiennes avec une « contribution » égale ou supérieure à 1,0 % chacun.


SOBOCINSKI Antoine.

Le « top 10 » est le suivant :

  1. Inde (4,83 %)
  2. Ghana (4,41 %)
  3. Pakistan (4,21 %)
  4. Canada (4,17 %) 
  5. Nigeria (3,97 %) 
  6. France (3,72 %) 
  7. Bangladesh (3,62 %) 
  8. Royaume-Uni (3,52 %) 
  9. Irlande (3,10 %) 
  10. Zambie (2,48 %). 

SOBOCINSKI Antoine





 Signalons que le Canada ne fournit plus que 221 hommes alors que ses participations étaient bien plus importante anciennement3.




Notes.
1. Année record avec 252 morts. 
2. Ils se retrouvent presque tous au sein de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL).
3. Géopolitique le débat, émission RFI du 27 février 2011.




Sources.
Statistiques de l’ONU sur les pertes.
Contributions des États : Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix

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