Les effectifs de la population carcérale française : 2008–2018.

La présente note a pour but de présenter très succinctement l’évolution de la population carcérale française à partir des données mensuelles du ministère de la Justice.

Au 1er avril 2018, 82 086 personnes étaient écrouées :

  • 70 367 personnes étaient détenues, dont 20 852 prévenus et 49 515 personnes condamnées ;
  • 11 129 personnes étaient sous surveillance électronique ;
  • 590 personnes étaient placées à l’extérieur.

évol_écrouSi les personnes détenues sont largement majoritaires, les personnes mises sous surveillance électroniques sont bien plus nombreuses qu’il y a 10 ans avec 72,83 % de hausse. Pour l’essentiel, la surveillance électronique concerne des aménagements de peines, son utilisation pour la libération sous contrainte ne représentant qu’environ 3 % des cas (entre 300 et 330 personnes).

Pour autant, cette importante hausse n’est pas le résultat d’un transfert de catégorie puisqu’il n’y pas eu de baisse du nombre de détenus : en dix ans, le nombre de détenus est passé de 63 211 à 70 367, soit une hausse de 10,17 %. Celle-ci s’explique notamment par une progression plus importante de la détention des prévenus (+16,24 %) que des condamnés (+7,61 %).

répartition_écrou

pop_carcerale

La détention des mineurs.

En avril 2018, 872 mineurs étaient incarcérés, dont 190 (21,8 %) à la suite de leur condamnation. La situation en avril 2008 était quelque peu différente avec 749 détenus dont 326 condamnés (31,5 %).

Comme on peut le constater sur le graphique ci-dessous, l’évolution de la population carcérale mineure a été atypique avec une forte baisse du nombre de mineurs condamnés tandis que l’effectif des mineurs prévenus détenus a très fortement augmenté, bien plus que l’ensemble de la population prévenue incarcérée (+41,84 points). L’incarcération préventive des mineurs explique a elle seule la hausse de 16,42 % du nombre de mineurs incarcérés.

mineurs_détenus.png

La détention des femmes.

femmes_détenuesAvec 3 157 personnes incarcérées en avril 2018, les femmes représentent seulement 4,5 % des détenus, mais là encore, l’effectif a fortement augmenté : la hausse a été de 28,28 %, soit près de 17 points de plus que celle de la population carcérale dans son ensemble.

Cette hausse s’explique notamment par une rapide hausse, entre 2008 et 2012, du nombre de femmes condamnées et incarcérées. Quant aux femmes prévenues incarcérées, l’effectif fut pendant longtemps inférieur à son niveau d’avril 2008 avant de connaître une brusque remontée à partir de décembre 2015 et rattraper puis dépasser le niveau de 2008 à partir de décembre 2016. Pour expliquer cette hausse, on peut émettre ici une hypothèse : les arrestations consécutives aux différents attentats ayant frappé la France.

Capacité des prisons.

En ce qui concerne la prison, le sujet majeur reste la surpopulation. Cette question a
toujours été dénoncée par le CGLPL comme attentatoire à la dignité des personnes et constituant un traitement inhumain et dégradant au sens de l’article 3 de la CEDH. En France, au 1er décembre 2017, 69 714 personnes sont détenues pour 59 165 places opérationnelles, plus 1 547 matelas au sol. Le taux de densité carcérale globale s’élève à 118 % et celui observé dans les maisons d’arrêt à 141 %, avec des pics à 200 % comme dans celles d’Ile de France.

 

Capacité norme circulaire Capacité opérationnelle Nombre de personnes écrouées détenues Densité (%)
Métropole 56 157 54 986 65 338 118,8
Outre-Mer 4 473 4 473 5 029 112,4
Ensemble des établissements pénitentiaires 60 630 59 459 70 367 118,3

Liens :

circulaire AP 8805Q du 17 mai 1988 sur la capacité des établissements pénitentiaires ;

« Bleu budgétaire » du projet de loi de finances 2018, mission justice, programme 107 : administration pénitentiaire.

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La pratique sportive féminines au sein des fédérations.

La présente note a pour but d’analyser très rapidement les chiffres sur la prise de licences sportives fournis par l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire. Les données distinguent 110 fédérations réparties entre les fédérations olympiques, les fédérations non-olympiques et les fédérations multisports telles l’union nationale du sport scolaire (UNSS). L’ensemble de ces fédérations rassemblent plus de 16 millions de licenciés, mais les données laissent apparaître de profondes différences entre les femmes et les hommes. Si l’ensemble des fédérations possibles n’apparaissent pas, les tendances sont très claires.

En effet, sur les 15 852 658 licences pour lesquelles on dispose du sexe, les femmes n’en représentent que 37,81 % avec 5 993 742 licenciées. Cette sous représentation des femmes arrive dès l’enfance et persiste tout au long de la vie quoique l’écart se réduise fortement à partir de la cinquantaine. Mais cette amélioration ne s’explique que par une érosion plus rapide des effectifs masculins.

sport_age

En regardant plus en détail la répartition des licences au sein des fédérations, on peut constater, et cela ne surprendra personne, de très fortes différences. Sur les 110 fédérations, seulement 9 sont quasiment à la parité (féminisation comprise entre 45 et 55 %) et 17 ont une majorité de femmes, dont certaines très largement : gymnastique, twirling bâton, équitation, danse, sport pour tous, sport de glace.

Fédération Licences féminines Licences masculines Total Taux
F sportive et gymnique du travail (FSGT) 101 557 120 503 222 060 45,73
FF de sauvetage et secourisme 28 957 33 876 62 833 46,09
FF d’athlétisme 141 983 159 993 301 976 47,02
FF de roller sports 29 447 31 448 60 895 48,36
FF de volley-ball 49 011 50 844 99 855 49,08
Fédération Sportive Educative de l’Enseignement Catholique (UGSEL) 359 753 360 104 719 857 49,98
Union sportive de l’enseignement du premier degré 400 676 397 581 798 257 50,19
Union française des œuvres laïques d’éducation physique (UFOLEP) 175 922 168 369 344 291 51,10
FF de natation 169 491 147 405 316 896 53,48
FF omnisports des personnels de l’éducation nationale de la jeunesse et sports (2F OPEN-JS) 5 746 4 106 9 852 58,32
Union nationale sportive Léo Lagrange 16 453 11 173 27 626 59,56
F nationale du sport en milieu rural 28 315 19 223 47 538 59,56
FF de la randonnée pédestre 150 040 87 127 237 167 63,26
Fédération française des Arts Energétiques et Martiaux Chinois (ancien WUSHU) 12 514 7 033 19 547 64,02
FF de la retraite sportive 56 012 24 317 80 329 69,73
F sportive et culturelle de France 154 504 62 249 216 753 71,28
FF de gymnastique 236 389 56 777 293 166 80,63
FF d’équitation 549 935 113 259 663 194 82,92
FF de danse 67 685 11 539 79 224 85,43
FF sport pour tous 173 738 26 358 200 096 86,83
FF des sports de glace 22 635 3 201 25 836 87,61
FF de twirling bâton 13 410 1 175 14 585 91,94
FF d’éducation physique et de gymnastique volontaire 462 965 39 833 502 798 92,08

L’écrasante majorité des fédérations comprend donc une majorité d’hommes, la présence des femmes n’étant en moyenne que de 31,75 % et la médiane de 27,98 %. Si les fédérations avec les taux de féminisation les plus faibles (moins de 5 %) ne représentent que peu de licenciés (81 310), les fédérations avec le plus de licencié.e.s restent peu féminisées en général.

Les 10 plus grandes fédérations regroupent à elles seules 8 486 431 personnes (pour lesquelles le sexe est indiqué), soit 54 % des effectifs totaux. En cumulant les effectifs, nous avons alors  3189 229 femmes, 5 297 202 hommes, soit un taux de féminisation de 37,6 % (mais la moyenne est de 45,21 %). Les divergences entre fédérations restent fortes puisque le taux varie de 6,71 % avec la fédération française de football (2 079 731 licencié.e.s) à 92,08 % avec la fédération française d’éducation physique et de gymnastique volontaire en passant par 29, 03 % avec la fédération française de tennis ou encore 82.92 % avec la fédération française d’équitation.

Fédération Licences féminines Licences masculines Total Taux
FF d’éducation physique et de gymnastique volontaire 462 965 39 833 502 798 92,08
FF de handball 194 182 325 534 519 716 37,36
FF de basketball 189 085 346 012 535 097 35,34
FF de judo-jujitsu et disciplines associées 154 838 404 273 559 111 27,69
FF d’équitation 549 935 113 259 663 194 82,92
Fédération Sportive Educative de l’Enseignement Catholique (UGSEL) 359 753 360 104 719 857 49,98
Union sportive de l’enseignement du premier degré 400 676 397 581 798 257 50,19
FF de tennis 301 737 737 615 1 039 352 29,03
Union nationale du sport scolaire (UNSS) 436 520 632 798 1 069 318 40,82
FF de football 139 538 1 940 193 2 079 731 6,71
Total 3 189 229 5 297 202 8 486 431 37,58

En ce qui concerne les « principaux » sports de ballon collectifs, la part des femmes est au dessus de la moyenne à l’exception notable des deux sports les plus médiatiques pour lesquels les femmes sont pratiquement invisibles : le rugby et le football.

Fédération Licences féminines Licences masculines Total Taux
Football 139 538 1 940 193 2 079 731 6,71
Rugby 22 295 306 049 328 344 6,79
Basketball 189 085 346 012 535 097 35,34
Handball 194 182 325 534 519 716 37,36
Volley-ball 49 011 50 844 99 855 49,08

Quelles causes à cette sous-représentation des femmes ? Il y a plusieurs raisons :

1° les stéréotypes, en particulier sur la « virilité » induite par les sports physiques ;
2° des motifs religieux ;
3° un esprit de compétition moindre en général ;
4° les inégalités sociales ;
5° l’éducation.

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Extrait du rapport sénatorial n°650 (2010-2011) de Madame Michèle ANDRÉ (p. 98).

De la même manière, la façon de pratiquer le sport diffère sensiblement selon que l’on est un homme ou une femme.

Si 64 % des femmes déclarent avoir pratiqué au moins une discipline sportive durant l’année écoulée, elles ne sont que 35 % à prendre une licence dans une fédération (contre 65 % des hommes).

Quand elles le font, elles s’orientent plutôt vers des fédérations « multisports », comme la Fédération sportive et culturelle de France (où elles sont 67,1 %) ou la Fédération française d’éducation physique et de gymnastique volontaire (où elles sont 93,7 %), au sein desquelles l’esprit de compétition est moins entretenu, au profit d’une pratique plus communautaire et plus conviviale.

Mme Brigitte Deydier, championne du monde de judo et présidente du groupe de travail « Femmes et Sports », soulignait les attentes spécifiques des adolescentes qui pratiquent un sport : « moins attirées par les sports classiques de compétition, davantage par l’aspect ludique […] les filles aiment papoter sur le banc, quand les garçons tapent dans la balle pendant des heures », même au Pôle Espoirs…

D’où l’importance, selon elle, d’encourager la mixité de l’encadrement « car les femmes jettent une autre lumière sur les attentes des adolescentes ».

Pour Mme Françoise Sauvageot, l’assiduité des femmes inscrites à la Fédération française d’éducation physique et de gymnastique volontaire (FFEPGV) tient au lien social que permet la pratique collective du sport : « c’est l’appel du collectif qui entretient la motivation sur le long terme et cela sert l’éducation physique parce que la personne se sent bien ».

Toutefois, quand on l’interroge sur la concurrence des pratiques auto-organisées, ou sur celles du secteur commercial (clubs de gymnastique), elle reconnaît que, dans ce domaine, « toute la différence tient à leur coût : il y a un clivage social ».

Sur ce point, les travaux des sociologues convergent. L’observation démontre que les pratiques sportives féminines sont particulièrement affectées par les inégalités sociales et qu’elles sont particulièrement marquées dans les quartiers populaires.

Autre lien : Catherine Louveau, Les femmes dans le sport : inégalités et discriminations, 4 août 2012.

Emplois et population active.

À partir des données détaillées localisées de l’Institut national des statistiques et études économiques sur l’emploi et la population active pour l’année 2013, on peut calculer un ratio, celui du nombre d’emplois, salariés et non salariés, par rapport à la population active des 15-64 ans.
En moyenne, le ratio d’emplois par actif est de 0,49 ; les premier et troisième quartiles étant respectivement de 0,23 et 0,58.

Ces chiffres sont assez faibles, ce que confirme le nombre de communes avec un ratio supérieur ou égal à 1, — c’est à dire un nombre d’emplois supérieur ou égal à celui de la population active de la population — : sur les 36686 communes que comportait alors la France, 3460, soit 9,9 %. Pour autant, seules 42 de ces 3460 communes (1,24 %) ont la totalité de leurs actifs qui travaillent. On tombe même à 424 communes avec un ratio égal ou supérieur de 2.

On trouve également quelques communes avec plus de 10 emplois par actifs, 6 exactement.

Communes avec au moins 10 fois plus d’emplois que d’actifs
Code INSEE Nom de commune Emplois Actifs Ratio Activité principale
95527 Roissy-en-France 77839 1836 43,52 Aéroport international
50353 Le-Mont-Saint-Michel 563 29 20,83 Tourisme (patrimoine mondial de l’UNESCO)
13099 Saint-Paul-lès-Durances 6456 478 13,99 Projet ITER (fusion nucléaire)
01390 Saint-Vulbas 5967 541 11,32 Centrale nucléaire du Bugey
76660 Sandouville 4235 399 10,84 Usine Renault
55087 Bure 285 30 10,03 Laboratoire de l’ANDRA (enfouissement des déchets nucléaires)

On constate que les activités liées au nucléaire sont liées à ces ratios exceptionnels dans trois cas.

En agrégeant les données au niveau des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) — ceux en vigueur en 2013 — et les zones d’emplois, on obtient les chiffres suivants :

Ratio emplois/actifs à des échelons supra-communaux
Zonage Minimum 1er quartile Médiane Moyenne 3ème quartile Maximum
EPCI 0,136 0,489 0,641 0,677 0,840 2,464
Zone d’emploi 0,197 0,509 0,570 0,565 0,634 0,878

Chiffres divers.

Histoire du trafic du port de commerce de La Rochelle.
Chiffres tirés du Monde diplomatique de juin.

Lors de la guerre en Libye, 1,2 millions de personnes ont été déplacées mais 20 000 seulement ont tenté de rejoindre l’Europe, soit 1,67 %.


A Chendgu, en Chine, une usine de l’entreprise taïwanaise Foxconn produit 12 millions d’Ipads par trimestre. L’usine regroupe 8 ateliers regroupant 50 lignes de production sur une surface (périmètre dans l’article) de 4 kilomètres carrés. Cet ensemble a été construit en 75 jours et nécessité 6 nouvelles routes, deux ponts, et 1,12 millions de mètres carrés pour loger les ouvriers et 2,2 milliards de yuans (environ 280 millions d’euros) pour exproprier 10 000 familles dans 14 villages.


Du devoir de réserve.

Le devoir de réserve est un principe selon lequel les fonctionnaires se doivent de ne pas critiquer le fonctionnement de leur institution. Ce principe est donc en totale contradiction avec un droit fondamental : la liberté d’expression. S’il est parfaitement acceptable que des militaires ne puissent révéler le déroulement des opérations, que des agents des services de renseignement ne disent rien sur leur milieu, que magistrats et autres personnes travaillant au sein de la machine judiciaire ne révèlent rien du déroulement des instructions en cours et on pourrait citer d’autres exemples, peut-on pour autant accepter que des fonctionnaires puissent être sanctionnés ou révoqués pour avoir critiquer le fonctionnement de leur institution, de la politique menée ? A priori oui si l’on suit la jurisprudence française comme le montre les exemples des généraux Jacques Paris de la Bollardière1 et Vincent Desportes2, du chef d’escadron Matelly3, de Zoé Shepard (nom d’emprunt)4.

 Mais pour moi, le devoir de réserve est une absurdité qui empêche les gens de donner leur avis, de signaler des dysfonctionnements… Or, comment l’administration pourrait-elle être amélioré si les problèmes ne sont pas connus ? Ensuite, ce devoir de réserve ne sert parfois qu’à cacher les agissements honteux de certains fonctionnaires, de la hiérarchie. Le devoir de réserve n’est donc qu’une absurdité qui doit disparaître. D’ailleurs, si l’on prend le cas de l’armée, si une personne critique, elle ne pose aucun problème car qu’en bien même elle viendrait ou appellerait franchement à  l’indiscipline, à l’insubordination, elle serait alors sanctionnée pour ces faits. De plus, l’interdiction du droit de grève empêche tout développement dangereux pour la bonne marche de l’institution.

1Pour avoir dénoncé l’usage de la torture en Algérie, il a subit une peine de 60 jours de forteresse.

2Pour avoir critiqué la doctrine de contre-insurrection en Afghanistan, il risque, au moment où je rédige ces lignes,de recevoir un blâme

3Officier de gendarmerie, il a été rayé des cadres pour avoir rédigé plusieurs articles, dont certains en temps que chercheur au CNRS, remettant en cause la politique du gouvernement.

4Fonctionnaire territoriale, elle risque deux années d’expulsion de la fonction publique pour avoir rédigé un roman critique sur l’administration.

Pourquoi ce bloc-note ?

Crée dans un moment d’ennui, ce bloc-note (et oui, j’essaye d’utiliser le terme recommandé par notre Académie d’Immortels) est destiné à vous présenter mes idées, mes réflexions en espérant qu’elles puissent apporter aux débats d’idées et surtout que les retours puissent  profiter à tous, moi en premier.
Etudiant en licence d’histoire, je m’intéresse particulièrement aux questions militaires, de géopolitique, d’histoire et dans un degré moindre  de politique. Bien sûr, je ne compte pas pas rivaliser sur les deux premiers points avec des personnes comme Joseph HENROTIN, Olivier KEMPF, Benoist BIHAN  ou les autres membre de l’Alliance géostratégique puisque j’en suis à priori bien incapable tant par la capacité de réflexion, des connaissances et du rythme de publication. Pour ce dernier, il sera très certainement irrégulier.