Les Français à l’étranger

1 710 945, tel est le nombre de citoyens français vivant en 2015 à l’extérieur des frontières nationales. Du moins est ce le nombre de personnes inscrites au registre des Français à l’étranger tenu par le « Quai d’Orsay », le ministère des Affaires étrangères et du développement international. Les données fournies permettent de brosser un tableau général pour les années 2001 à 2015.

1. Les données.

Les données utilisées sont réparties entre deux fichiers :
Chiffres du registre des Français établis hors de France pour l’année 2015 ;
Français de l’étranger : inscriptions au registre des Français établis hors de France (2001-2013).

Elles concernent 162 États, dont une entité Jérusalem requalifiée pour le fichier de 2015 en Israël/Territoires palestiniens, c’est à dire, très certainement, les colonies israéliennes en Cisjordanie. Les données couvrent l’ensemble des années entre 2001et 2015 sauf pour certains États : Saint-Siège (2001–2010) ; Afghanistan (2005–2015), Tadjikistan (2009–2015) ; Soudan du Sud, Monténégro et Kosovo (2011–2015).

L’enregistrement étant une démarche volontaire auprès des ambassades et des consulats, ces données ne sont pas strictement parlant celles de l’ensemble des Français vivant à l’étranger.

2. Tableau général.

Comme il a été dit en introduction, 1 710 945 Français ont été enregistrés comme vivant à l’étranger en 2015 alors qu’ils n’étaient que 998 783 en 2001, soit une hausse de 71,3 %.

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Comme on peut le voir sur la carte, la diaspora française se concentre pour l’essentiel en Europe quoique de fortes communautés existent également en Amérique du Nord ou au Maghreb principalement. Mais qu’en est-il de la taille de ces communautés françaises ? En 2015, le nombre de personnes enregistrées varie selon les États de 54 à 175 700 contre 5 et 109 100 pour 2001. La moyenne est certes de 10627 personnes, mais la médiane n’est que de 1756 personnes : les États avec une communauté française égale ou supérieure à la moyenne rassemblent à eux seuls 82 % des Français du registre.

3. Les États à forte diaspora (> 9e décile).

Ainsi, les 17 États avec les plus fortes communautés — « Jérusalem », le Liban, les Pays-Bas, l’Australie, la Chine le Luxembourg, l’Algérie, l’Italie, Israël, le Maroc, l’Espagne, le Canada, l’Allemagne, la Belgique, le Royaume-Uni, les États-Unis d’Amérique et la Suisse — en rassemblent 70 % (1 200 103 personnes) pour une moyenne de 70 594 personnes sachant que depuis 2001, la hausse moyenne pour ces États est de 111 %. Dans ce groupe, les plus fortes hausses concernent l’Algérie (418,7 %), la Chine (284,7 %), « Jérusalem » (165,3 %), l’Australie (146,9 %).

Le cas suisse. 175 700 Français sont enregistrés en Suisse par le Quai d’Orsay, ce qui représente 24,7 % de la diaspora française. D’après les données fournies par l’Office fédéral de la statistique, au 31 décembre 2015, sur une population résidente permanente et non permanente de 8 423 612 personnes dont 6 278 459 Suisses, les Français étaient 127 609, soit 1,5 % de la population (1).

4. Les États frontaliers.

Les États frontaliers de la France métropolitaine — Suisse, Allemagne, Royaume-Uni, Luxembourg, Belgique, Espagne, Andorre, Monaco — rassemblent 41,6 % de la diaspora. Tous, à l’exception de Monaco et de l’Andorre, font partie des premiers États. À noter que Monaco est l’un des rares États à avoir vu sa communauté française diminuer.

État Groupe Français en 2015 Évolution
Andorre 7 3141 15,61
Monaco 8 7692 -17,49
Luxembourg 10 33362 109,3
Italie 10 44835 45,96
Espagne 10 86016 76,77
Allemagne 10 114020 30,05
Belgique 10 120020 73,87
Royaume-Uni 10 127837 61,99
Suisse 10 175700 61,04

Le cas monégasque. monaco

La communauté française enregistrée à Monaco a connu son maximum en 2003 avant une baisse importante les deux années suivantes. On constate ensuite une belle remontée, stoppée en 2008 et suivie d’une baisse jusqu’en 2011 puis d’une stabilisation. Pour expliquer la baisse des années 2004 et 2005, on peut avancer l’hypothèse qu’elle pourrait être liée à la signature d’une convention fiscale signée en mai 2003 et entrée en vigueur en 2005 (4).

5. Les États membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Parmi les 162 États avec une communauté française, 48 sont membres de plein droit (2) de l’organisation internationale de la Francophonie dont 29 ont la langue de Molière comme langue officielle (3). Ces États rassemblent 695 454 Français, soit 40 %, dont 598 138 étaient enregistrés dans des États dont le Français est la ou l’une des langues officielles. Là encore, quelques États concentrent la communauté française : les trois États frontaliers de la Suisse (175 700),  de la Belgique (120 724) et du Luxembourg (33362) ; le Canada (97 116) ; les États africains de Maroc (51 109) et du Sénégal (20252).

Notes.

(1) Données utilisées : « Population résidante permanente et non permanente selon les niveaux géographiques institutionnels, le lieu de naissance et la nationalité » (sic).

(2) Au terme de son XVIe sommet, les 84 États ou gouvernements membres de l’OIF sont répartis en trois catégories : membres « de plein droit » (54), membres associés (4) et membres observateurs (26). À noter que certains membres sont des régions, provinces, collectivités d’outre-mer fédérés à des États eux-mêmes représentés : Wallonie-Bruxelles, Québec, Nouveau-Brunswick, Ontario, Nouvelle-Calédonie.

(3)  Belgique, Bénin, Burkina-Faso, Burundi, Cameroun, Canada, République centrafricaine, Comores, Congo, République démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Guinée, Guinée-Équatoriale, Haïti, Luxembourg, Madagascar, Mali, Maroc, Monaco, Niger, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Suisse, Tchad, Togo, Vanuatu.

(4) Loi n° 2005-227 du 14 mars 2005 et décret n° 2005-1078 du 23 août 2005

Emplois et population active.

À partir des données détaillées localisées de l’Institut national des statistiques et études économiques sur l’emploi et la population active pour l’année 2013, on peut calculer un ratio, celui du nombre d’emplois, salariés et non salariés, par rapport à la population active des 15-64 ans.
En moyenne, le ratio d’emplois par actif est de 0,49 ; les premier et troisième quartiles étant respectivement de 0,23 et 0,58.

Ces chiffres sont assez faibles, ce que confirme le nombre de communes avec un ratio supérieur ou égal à 1, — c’est à dire un nombre d’emplois supérieur ou égal à celui de la population active de la population — : sur les 36686 communes que comportait alors la France, 3460, soit 9,9 %. Pour autant, seules 42 de ces 3460 communes (1,24 %) ont la totalité de leurs actifs qui travaillent. On tombe même à 424 communes avec un ratio égal ou supérieur de 2.

On trouve également quelques communes avec plus de 10 emplois par actifs, 6 exactement.

Communes avec au moins 10 fois plus d’emplois que d’actifs
Code INSEE Nom de commune Emplois Actifs Ratio Activité principale
95527 Roissy-en-France 77839 1836 43,52 Aéroport international
50353 Le-Mont-Saint-Michel 563 29 20,83 Tourisme (patrimoine mondial de l’UNESCO)
13099 Saint-Paul-lès-Durances 6456 478 13,99 Projet ITER (fusion nucléaire)
01390 Saint-Vulbas 5967 541 11,32 Centrale nucléaire du Bugey
76660 Sandouville 4235 399 10,84 Usine Renault
55087 Bure 285 30 10,03 Laboratoire de l’ANDRA (enfouissement des déchets nucléaires)

On constate que les activités liées au nucléaire sont liées à ces ratios exceptionnels dans trois cas.

En agrégeant les données au niveau des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) — ceux en vigueur en 2013 — et les zones d’emplois, on obtient les chiffres suivants :

Ratio emplois/actifs à des échelons supra-communaux
Zonage Minimum 1er quartile Médiane Moyenne 3ème quartile Maximum
EPCI 0,136 0,489 0,641 0,677 0,840 2,464
Zone d’emploi 0,197 0,509 0,570 0,565 0,634 0,878

Les ports de commerce en France et ses exportations de céréales.

Le commerce maritime représente 90 % du transport de marchandises dans le monde. Les ports sont donc cruciaux et représentent des entités économiques majeures. Réalisée à partir des informations fournies par le ministère du développement durable et de l’Énergie, la carte suivante représente le classement des ports suivant les trafics annuels des ports et leurs évolutions depuis l’an 2000. 
 


Bien que les ports de commerce se répartissent sur l’ensemble des côtes, les principaux ports sont situés sur la Manche (Le Havre, Calais, Dunkerque, Rouen ; soit 50 % du trafic 2011), véritable « autoroute » commerciale. On peut également observer une augmentation du trafic assez importante pour l’ensemble des ports depuis 2000, à l’exception des ports de Boulogne (-95%), Cherbourg (-51%), Saint-Malo (-22,6). L’importance de ces ports s’explique par la proximité de le région parisienne et de l’axe industriel européen courant des Pays-Bas à l’Italie.

Sur la côte atlantique, Nantes est le principal port (8 à 9 % du trafic annuel) tandis que La Rochelle et Bordeaux suivent. Les ports bretons de Brest et Lorient ont un trafic extrêmement faible, le port de Bayonne s’en sortant un peu mieux. Malgré tout, l’ensemble des ports de l’Atlantique connaissent une baisse de leur activité, à l’exception de celui de La Rochelle.

Les ports de la côte méditerranéenne représentent un peu moins du tiers du trafic national mais c’est le grand port maritime (anciennement port autonome) de Marseille – premier port français en terme de tonnage avec 88 517 849 tonnes en 2011 – qui en représente la quasi-totalité grâce aux produits pétroliers qui représentaient en moyenne 65 % de son activité sur la période 2000-2011. Mais depuis l’an 2000, son activité, tout comme celles de Sète et Port-la-Nouvelle, a diminué. 
 





Étude de cas : l’exportation des céréales.




Grande puissance agricole et donc céréalière, la France exporte une partie importante de sa production, un peu moins de 52 % en moyenne. Au cours de la campagne 2010-2011, les exportations céréalières ont été envoyé pour moitié vers l’Union européenne et pour moitié vers d’autres États ; 61 % de l’ensemble étant passé par les ports.

Le premier port céréalier est celui de Rouen avec 25 % des exportations françaises. L’exportation de céréales représente 50 % des sorties et près du tiers de l’activité totale. Le second port, avec 10,75 % des exportations céréalières, est La Rochelle ; et ce avec la quasi-totalité de ses exportations (96%) et 40 % de son activité totale. Suivent ensuite, avec un peu moins de 17 % du total, Dunkerque, Nantes-Saint-Nazaire, Bordeaux tandis que Marseille exporte moins de 3 % du total. Cette configuration s’explique par la faiblesse de la production céréalière dans les régions du sud-est.
 

La production et l’export de céréales (hors riz) en France.
Campagne 1997-1998 1998-1999 1999-2000 2000-2001 2001-2002 2002-2003 2003-2004
Collecte (1000 t) 53478,0 58493,0 54703,0 55742,0 50233,0 58246,0 47072,0
Export (1000 t) 24766,1 31712,3 32279,7 30425,0 24474,8 29729,7 24776,3
Part des exportations. 46,31% 54,22% 59,01% 54,58% 48,72% 51,04% 52,63%
Campagne 2004-2005 2005-2006 2006-2007 2007-2008 2008-2009 2009-2010 2010-2011
Collecte (1000 t) 59437,0 54134,3 52322,0 48719,0 58707,2 61019,0 57514,9
Export (1000 t) 30578,2 28522,1 26260,9 23321,0 29604,4 31570,8 32950,3
Part des exportations. 51,45% 52,69% 50,19% 47,87% 50,43% 51,74% 57,29%
Source : Agreste, 2012. Moyenne 52,36%

Bibliographie et sources :

Le sacrifice suprême au service de la paix : les morts de l’ONU.

Source : ONU.
Depuis la création de l’ONU, 2900 médailles Dag Hammarskjöld ont été décernées. Malheureusement, pour l’ensemble des titulaire de cette récompense mise en place sous Kofi Annan, celle-ci n’est décernée qu’à titre posthume aux membres de l’ONU décédés au cours d’une mission de maintien de la paix.




I. Les pertes : statuts des tués et causes des décès. 

SOBOCINSKI Antoine.

 
Si 69 % des décès furent accidentels ou dus aux maladies, les morts violentes ne représentant que 26 % des décès, les militaires et les observateurs militaires (les casques bleus) avec un effectif de 2207 morts constituent la grande majorité (soit 76 %) de cette « population ». 


Les personnels civils, si l’on n’y intègre pas les membres des forces de police, représnetent une part non négligeable des pertes avec 489 tués. On remarqura que les pertes autochtones sont plus nombreuses.


















SOBOCINSKI Antoine

SOBOCINSKI Antoine.

Les graphiques ci-contre (dont 2 avec des échelles logarithmiques) représentent pour chaque année le nombre de décès et la cause de ceux-ci. Si l’on excepte les années 1961 (105/155 †) et 1993 (127/282 †), les pertes par mort violente (dont la première victime fut le commandant français René de Labarrière (1899-1948)) sont relativement rares par rapport aux morts accidentelles dont l’élément emblématique est la décimation de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) lors du séisme du 12 janvier 2010. À l’exception des années 1961, 19931-1995, le nombre de décès ne fut jamais supérieur à 100 jusqu’à l’année 2003. Depuis, sept années ont dépassé cette limite. 





II. Les contributions étatiques et les pertes par État.






99 210 militaires, experts militaires et policiers servaient à la date du 31 mars au sein des différentes missions de l’ONU. Les principaux contributeurs, qui fournissent plusieurs milliers d’hommes, jusqu’à 10 600 pour le Bangladesh, 10 580 pour le Pakistan ou encore 8 657 pour l’Inde, sont tous des pays du Sud avec une belle concentration sud-asiatique et 4 des 5 membres de club des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Les pays du Nord contribuent moins en terme de force mais financent largement les opérations. Cette moindre participation humaine s’explique par le fait que les indemnités que versent l’ONU ne couvrent pas le coût d’un soldat « occidental » tandis que les autres pays acquièrent ainsi de l’expérience et des financements. Malgré tout, la participation de l’Italie, de la France et de l’Espagne n’est pas si négligeable avec respectivement 1 744, 1 471 et 1 113 hommes fournis2. Si les contributions occidentales sont plus faibles, les pertes accumulées au cours de l’histoire laisse transparaitre un certain équilibre. Trente-quatre États ont fournis 74,83 % des pertes onusiennes avec une « contribution » égale ou supérieure à 1,0 % chacun.


SOBOCINSKI Antoine.

Le « top 10 » est le suivant :

  1. Inde (4,83 %)
  2. Ghana (4,41 %)
  3. Pakistan (4,21 %)
  4. Canada (4,17 %) 
  5. Nigeria (3,97 %) 
  6. France (3,72 %) 
  7. Bangladesh (3,62 %) 
  8. Royaume-Uni (3,52 %) 
  9. Irlande (3,10 %) 
  10. Zambie (2,48 %). 

SOBOCINSKI Antoine





 Signalons que le Canada ne fournit plus que 221 hommes alors que ses participations étaient bien plus importante anciennement3.




Notes.
1. Année record avec 252 morts. 
2. Ils se retrouvent presque tous au sein de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL).
3. Géopolitique le débat, émission RFI du 27 février 2011.




Sources.
Statistiques de l’ONU sur les pertes.
Contributions des États : Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix